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08/11/2010

De Gaulle, réveille-toi, ils sont devenus fous!

affiche-oui.jpgQuarante ans que le Général de Gaulle nous a quittés. Pas un média pour ne pas entretenir une sorte de nostalgie gaullienne . Gaulienne plutôt que gaulliste, en ce que l’image d’Epinal qui inspire les français n’est pas tant dans son idéologie politique, que dans une certaine conception de l’Etat et de l’exercice du pouvoir.

Nombreux dès lors, sont les grands prêtres de la démagogie pour nous expliquer que le général payait lui-même les factures de gaz et d’électricité de l’Elysée, et, à titre moins anecdotique, sa volonté de mettre en perpétuellement en balance, dans une sorte de chantage affectif un peu paternaliste vis-à-vis du peuple français, son aura personnelle face à  ses réformes politiques.

« La Vème République est née de la volonté du Général de Gaulle de donner au peuple français une nouvelle interface démocratique, qui trancherait avec la république parlementaire des partis politiques, devenue inapte à conduire le pays dans la période de mutation profonde au niveau international que constituaient la décolonisation, la guerre froide, et les bases de la construction européenne. »

Au regard du XXIème siècle, son héritage est en fait bien plus important. Au-delà de la figure morale et héroïque du 18 juin 1940, au-delà des réformes économiques et sociales des trente glorieuses, l’héritage le plus direct que nous connaissons aujourd’hui est institutionnel.

La Vème République est née de la volonté du Général de Gaulle de donner au peuple français une nouvelle interface démocratique, qui trancherait avec la république parlementaire des partis politiques, devenue inapte à conduire le pays dans la période de mutation profonde au niveau international que constituaient la décolonisation, la guerre froide, et les bases de la construction européenne.

La république de 1958 a donné au pouvoir exécutif, au Président de la République, une nouvelle assise. Apte à assurer un parlementarisme rationalisé, elle a permis à l’exécutif de mener des politiques stables et cohérentes dans le temps. A régler des crises internationales.

En 1962, l’approbation du référendum sur l’élection du Président de la République au Suffrage Universel,  a initié un nouveau processus de légitimation du pouvoir exécutif, basé sur la rencontre de la France et d’un homme.

C’est une conception de la légitimité politique  ancrée historiquement en France qui lie indéfectiblement le gaullisme et le bonapartisme, selon une vision très personnelle du pouvoir.

« Les défis sont économiques, leur réponse appelle des délais qui ne se mesurent ni par les mois des gouvernements des régimes parlementaires, mais pas plus, par les quinquennats des présidents. C’est en menant des politiques consensuelles et équilibrées »

Les institutions de la république dans lesquelles nous évoluons aujourd’hui sont plus que jamais marquées par cette conception, puisque la seule et unique occasion de légitimer démocratiquement le pouvoir national réside dans l’élection présidentielle.

Est-ce vraiment ce qu’aurait voulu de Gaulle ? On peut s’interroger dessus pour plusieurs raisons.

En premier lieu, d’un point de vue de l’efficacité politique de ces institutions. La mondialisation a relayé le rôle des Etats-nations au second plan en tant qu’acteur des relations internationales. Les défis sont économiques, leur réponse appelle des délais qui ne se mesurent ni par les mois des gouvernements des régimes parlementaires, mais pas plus, par les quinquennats des présidents. C’est en menant des politiques consensuelles et équilibrées, sur le long terme que nous saurons  répondre aux questions de l’âge légal de départ à la retraite ou de politique fiscale. Les coups de balanciers promis par l’opposition sont à prohiber quand on tient  à la crédibilité financière de son pays.

En second lieu, en raison des pratiques politico-médiatiques qu’ont engendré l’élection du Président de la République au Suffrage Universel et le quinquennat : une pratique ultra-personnalisée, où les hommes et leur paraître ont supplanté la confrontation des idées et des valeurs ; un système où la fonction présidentielle est insultée publiquement par des impétrants qui prétendent à la fonction suprême sans même s’être présenté à quelque élection que ce soit et qui prétendent incarner l’héritage politique du général ?

Je ne suis pas certain qu’il aurait apprécié la façon dont la vie politique française a évolué.

Aurait-il aimé que l’on considère ses institutions comme des statues du commandeur intouchables ? N’aurait-il pas souhaité  voir son peuple capable d’audace en adaptant cinquante-deux ans après leur création des institutions aux défis du temps.

Le référendum de 1969 qui visait à transformer le Sénat en une sorte de Conseil Economique et Social doté du pouvoir législatif est certainement une réponse. Une réponse, certes, marquées par sa réticence à l’égard des partis et par la vision d’une France industrielle et corporatiste issue des trente glorieuses,  mais aussi et surtout une réponse de sa volonté d’équilibrer les pouvoirs, et de doter la France d’institutions qui donnent véritablement le pouvoir aux français.

C’est ce que le Général a su faire en 1958, aurons-nous son courage ?

18/10/2010

Jean-Louis BOURLANGES: "Un centriste est comdamné à tenir un discours complexe et nuancé"

Bourlanges.jpgDans une interview parue aujourd'hui dans le Nouvel Economiste, Jean-Louis BOURLANGES, revient sur le rôle important que les centristes vont avoir à jouer lors de la prochaine échéance présidentielle. Une analyse, comme toujours, pertinente et acérée, qui reste cependant résolument ancrée dans le contexte institutionnel et politique actuel. Etonnant quand on connait la hauteur de vue sur ces sujets de l'ancien député européen.

Premier constat : "Le pays est brouillé avec l'ambition réformatrice alors même que des changements considérables et douloureux l'attendent." JL Bourlanges revient avec à propos sur les valeurs du centrisme et appuie sur l'idée de responsabilité qui doit habiter tous ses responsables politiques, l'empêcher de s'en tenir au propos démagogique, pour, au contraire "être condamné à un discours complexe et nuancé".

Deuxième constat, plus surprenant de la part de celui qui a toujours défendu les vertus de la représentation proportionnelle: il ne croit plus à la vocation "d'intermédiation" des partis centristes. En prenant acte du fait majoritaire de la Vème République, il espère que la radicalisation de la droite et de la gauche ouvre un espace majoritaire au centre. Existera-t-il cependant, en 2012, un espoir de rassembler majoritairement les français pour un candidat dont les projets de réforme socio-économique serait l'objectif prioritaire? Ne doit-on pas porter un projet plus large qui aura aussi pour ambition une re-fondation démocratique de notre république?

Alors, certes, comme il le dit très bien, "la France ne peut pas se résoudre à n'avoir d'autre choix que le ressentiment social et la frilosité identitaire", et les centristes peuvent porter cette voix. Mais ne la porteront-ils pas mieux et plus efficacement si on redonne enfin aux majorités silencieuses les possibilités de s'exprimer.

Combien de message ne reçoit-on pas de personnes ulcérées par les manifestations, les grèves, les blocages, par les relais médiatiques qu'elles obtiennent, et par les sondages qui en découlent. Ces majorités qui ne s'expriment pas, mais qui désespèrent de voir, une fois de plus leur pays tomber dans l'irresponsabilité générale, et le sort de l'avenir se jouer dans la rue, au détour d'une mobilisation lycéenne et d'un calendrier scolaire. N'avez-vous pas dit, M. Bourlanges, que "La France doit cesser d'être une démocratie de confrontation et devenir une démocratie de négociation."? C'est ce qu'attendent toutes ce personnes !

Ces voix là, doivent être portées par le centre... ce sont les voix de ceux qui veulent enfin retrouver un espace de discussion politique et réellement démocratique au sein de la représentation nationale. La seule légitime à l'être.

29/09/2010

Pourquoi François BAYROU n'est plus centriste à mes yeux...

En 2007, le centrisme est redevenu une force d’attraction puissante pour des français lassés de l’immobilisme Chiraco-jospinien. Malheureusement, moins de trois ans après ce « succès », et à la veille d’une nouvelle campagne présidentielle, le centrisme s’est à nouveau atomisé. Il est en crise d’identité et de représentation… et pourtant, il constitue toujours un formidable potentiel : celui de l’unité retrouvée des français. A tel point que des usurpateurs, comme le gaulliste villepin, viennent marcher sur les plates-bandes centristes,  qui s’étaient sans doute, laissées un peu trop piétiner par les égos de ses légitimes responsables.

 

Dès lors, le centrisme représente-t-il encore un corpus idéologique véritablement défini ? Quelle est la pierre angulaire du centrisme ? Comment la retrouver, et par la même occasion, retrouver l’unité des centristes ?

 

En tant que militant du Nouveau Centre, j’ai été amené, à de multiples reprises à débattre avec des centristes de chapelles différentes, et ces questions n’ont toujours pas trouvé de réponse…

 

 

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