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18/10/2010

Jean-Louis BOURLANGES: "Un centriste est comdamné à tenir un discours complexe et nuancé"

Bourlanges.jpgDans une interview parue aujourd'hui dans le Nouvel Economiste, Jean-Louis BOURLANGES, revient sur le rôle important que les centristes vont avoir à jouer lors de la prochaine échéance présidentielle. Une analyse, comme toujours, pertinente et acérée, qui reste cependant résolument ancrée dans le contexte institutionnel et politique actuel. Etonnant quand on connait la hauteur de vue sur ces sujets de l'ancien député européen.

Premier constat : "Le pays est brouillé avec l'ambition réformatrice alors même que des changements considérables et douloureux l'attendent." JL Bourlanges revient avec à propos sur les valeurs du centrisme et appuie sur l'idée de responsabilité qui doit habiter tous ses responsables politiques, l'empêcher de s'en tenir au propos démagogique, pour, au contraire "être condamné à un discours complexe et nuancé".

Deuxième constat, plus surprenant de la part de celui qui a toujours défendu les vertus de la représentation proportionnelle: il ne croit plus à la vocation "d'intermédiation" des partis centristes. En prenant acte du fait majoritaire de la Vème République, il espère que la radicalisation de la droite et de la gauche ouvre un espace majoritaire au centre. Existera-t-il cependant, en 2012, un espoir de rassembler majoritairement les français pour un candidat dont les projets de réforme socio-économique serait l'objectif prioritaire? Ne doit-on pas porter un projet plus large qui aura aussi pour ambition une re-fondation démocratique de notre république?

Alors, certes, comme il le dit très bien, "la France ne peut pas se résoudre à n'avoir d'autre choix que le ressentiment social et la frilosité identitaire", et les centristes peuvent porter cette voix. Mais ne la porteront-ils pas mieux et plus efficacement si on redonne enfin aux majorités silencieuses les possibilités de s'exprimer.

Combien de message ne reçoit-on pas de personnes ulcérées par les manifestations, les grèves, les blocages, par les relais médiatiques qu'elles obtiennent, et par les sondages qui en découlent. Ces majorités qui ne s'expriment pas, mais qui désespèrent de voir, une fois de plus leur pays tomber dans l'irresponsabilité générale, et le sort de l'avenir se jouer dans la rue, au détour d'une mobilisation lycéenne et d'un calendrier scolaire. N'avez-vous pas dit, M. Bourlanges, que "La France doit cesser d'être une démocratie de confrontation et devenir une démocratie de négociation."? C'est ce qu'attendent toutes ce personnes !

Ces voix là, doivent être portées par le centre... ce sont les voix de ceux qui veulent enfin retrouver un espace de discussion politique et réellement démocratique au sein de la représentation nationale. La seule légitime à l'être.

02/06/2010

La commission européenne travaille à une taxe carbone...

Transférer les charges  qui pèsent aujourd’hui sur le travail vers ce qui consomme une énergie chargée en CO² voilà la bonne idée sur laquelle la majeure partie, en tout cas la moins démagogique, de la classe politique s'était mise d'accord...

Du moins jusqu'à ce qu'elle soit concrètement proposée par le gouvernment français.

Chacun s'est alors réfugié dans sa mauvaise foi pour s'y opposer avec force et faire son beurre d'un flou artistique qui entretint l'impopularité d'une mesure que beaucoup de français perçurent comme un nouvel impôt...

Les écolos parce qu'elle n'allait pas assez loin; les socialistes parce qu'elle n'allait pas... tout court; les libéraux parce qu'elle concédait trop d'économique à l'écologique: les conservateurs parce qu'elle concédait trop aux bobos au détriment de l'électorat de droite.

Bref tous s'entendirent pour entérer cette mesure nécessaire et courageuse... et de "refourguer" le bébé, comme toujours, à l'Union Européenne... combien de mesures nécessaires nous aura-t-elle permis de prendre? Je crois qu'il est aujourd'hui difficile de les compter!

Les Echos du 2 juin 2010, article d'Alexandre Counis:

Vingt euros par tonne de CO2. C'est le plancher que la Commission voudrait fixer pour sa future taxe carbone européenne. Jusqu'à présent, la fiscalité européenne sur l'énergie ne portait pas sur le contenu carbone du carburant, du gaz ou du charbon. Le projet de nouvelle directive a pour objectif d'ajouter deux nouvelles composantes dans la manière de calculer ces taxes : une première fonction des émissions de CO2 produite par l'énergie utilisée sachant que le charbon émet plus que le gaz ou les biocarburants. La seconde dépendant directement de l'efficacité énergétique desproduits.

Selon un document de travail de la Direction générale en charge de la fiscalité dont l'agence Reuter a obtenu une copie, Bruxelles envisagerait néanmoins des mécanismes d'abattement ou d'exemption pour le secteur agricole, les ménages les plus fragiles ou encore les zones rurales isolées. Aujourd'hui la fiscalité énergétique rapporte aux pays de l'Union 300 milliards d'euros par an, l'objectif de la Commission n'est pas de générer d'importantes ressources supplémentaires grâce à cette réforme. « L'objectif n'est pas d'augmenter les taxes, mais de les restructurer, afin de permettre aux consommateurs de réduire leur imposition en modifiant leur comportement », explique la Commission.

Hiérarchie des prix

Chaque pays resterait libre d'utiliser cet argent comme bon lui semble, par exemple pour faire bénéficier certains contribuables de mécanismes de compensations financières. Aucun chiffre n'est cependant définitivement arrêté, les travaux restant encore à un stade très préliminaire. Le dossier, porté par le Commissaire européen à la fiscalité, Algirdas Semeta, devait faire l'objet d'un premier débat d'orientation entre les 27 commissaires le 26 mai. Il ne sera finalement discuté que le 23 juin. Les raisons officielles de ce report : l'agenda surchargé de la Commission. Mais si son président, José Manuel Barroso, est intervenu pour repousser l'examen du dossier, c'est aussi parce qu'il est politiquement délicat. Les mésaventures du gouvernement français dont le projet de taxe carbone, initialement fixé à 32 euros puis porté à 17 euros et enfin abandonné après des mois de débats, a laissé des traces. Par ailleurs, les partisans du projet de fiscalité verte s'inquiètent des mésaventures de la Commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, dont la volonté de porter de 20 % à 30 % les objectifs de réduction de CO2 de l'Union européenne d'ici à 2020 a été bridée, mercredi dernier, par la France et l'Allemagne (« Les Echos » du 26 mai). « Nous avons décidé de procéder à de nouvelles évaluations afin de mieux préparer nos débats », explique Algirdas Semeta. Deux sujets posent problème. Le bouleversement que le projet de directive pourrait causer, au moins de manière temporaire, dans la hiérarchie des prix des carburants, d'abord. Même si tout dépend de taux d'accise minimaux qui ne sont pas encore définitivement arrêtés, le nouveau dispositif pourrait porter le prix du diesel au niveau de celui de l'essence, par exemple, tandis que les biocarburants seront beaucoup moins taxés qu'aujourd'hui. Le champ d'application de la future taxe carbone, ensuite. Le commissaire à la Fiscalité souhaiterait y soumettre le chauffage domestique individuel ou encore le secteur agricole, ce qui ne pourra se faire sans certains aménagements, voire sans certaines concessions. « Nous souhaitons présenter notre proposition aussi tôt que possible », indique Algirdas Semeta. Sans se risquer à fixer un calendrier plus précis tant que la discussion du 23 juin n'a pas eu lieu. Le commissaire souhaite que la taxe carbone européenne, que devront entre-temps approuver les Etats membres (à l'unanimité) et les eurodéputés, soit en place en 2013. Quitte à envisager une entrée en vigueur progressive, par exemple jusqu'en 2018. Le temps de laisser certains pays s'adapter, comme la Pologne ou l'Allemagne, dont le charbon verrait son prix grimper en flèche.

18/02/2010

Questions des Jeunes européens sur les Régions et l'Europe

L'Europe dans votre région :

Si vous êtes élus, quelles seront vos priorités dans l'utilisation des financements européens ? Quel bilan dans votre région ?

La gestion des fonds européens par les régions françaises est actuellement très insuffisante. Alors que la France est le premier pays contributeur financièrement de l'UE, notre pays se situe dans la moyenne basse en terme de consommation des crédits européens auxquels elle peut prétendre. 

En terme de priorités, nous affecterons les crédits européens prioritairement dans l'innovation, la recherche et le développement durable au service du citoyen et de notre compétitivité. Je crois aussi qu'il faut orienter les aides européennes à l'agriculture selon les problématiques spécifiques qui sont les nôtres (agriculture à forte demande en main d'œuvre notamment).

Afin d'éviter que ces fonds soient détournés de leur objectif initial, vers, par exemple le budget de fonctionnement (la part de l'investissement dans le budget régional étant tombé à 34% aujourd'hui), nous proposons le « fléchage » de ces fonds.

 

Quelle lisibilité pour l'action européenne ? Les préfectures ont-elles trop de poids dans la gestion des fonds communautaires ?

Il faut associer les députés européens aux démarches régionales, et que la collectivité régionale leur permette d'être un relais efficace dans les demandes de financement.  Damien ABAD et Yvan LACHAUD, ont rencontré les maires de la circonscription de ce dernier pour les aider à rendre éligibles leurs projets aux financements européens. Nous avons besoin de nos députés européens sur le terrain, comme eux ont besoin de l'appui des élus locaux et des collectivités pour suivre les dossiers... une synergie est facile à trouver dès qu'on souhaite la mettre en place.

Afin de faciliter cette démarche, le Nouveau Centre propose que la gestion des fonds européens (FEDER, FEADER et FSE) soient confiés aux régions plutôt qu'aux préfectures, pour optimiser leur utilisation. Ceci contribuera à simplifier l'instruction des dossiers des fonds européens.

Pour ce faire, nous proposons également la création d'un véritable service des affaires européennes dans chaque administration régionale, sous l'autorité d'un Vice-Président en charge des affaires européennes.

 

Le drapeau européen sur l'Hôtel de Région ?

 Evidemment, j'y suis favorable, mais il me semble qu'il est déjà présent... en tout cas, c'était le cas du temps de Jacques BLANC.

 

 VOTRE REGION EN EUROPE :

Quels sont les atouts européens de votre région ?

Des atouts naturels fantastiques, et un placement privilégié vers l'euro-méditerranée. Notre région est un carrefour où se mêlent de nombreuses cultures, un ensoleillement exceptionnel qui est un atout tant pour le tourisme que pour le développement des énergies renouvelables. Nous devrions être leaders européens en la matière, mais les espagnols et les allemands font nettement mieux que nous. Même en France nous sommes mal positionnés, la région Poitou -Charentes est plus en avance que nous, c'est dire...

Il faut nous inscrire pleinement dans le plan solaire méditerranéen, mais personne ne le fera à notre place, si nous, languedociens, ne nous positionnons pas fortement.

 

Les régions de chaque Etat sont en compétition à Bruxelles pour défendre leurs intérêts, comment comptez-vous représenter votre région, quelles ressources financières et humaines comptez-vous allouer à ces missions ?

Comme je l'ai dit précédemment, nous comptons mettre en place un service directement dédié à l'Europe, sous l'autorité d'un Vice-Président. Avant l'arrivée de l'actuelle majorité, le Président du Languedoc-Roussillon, Jacques BLANC, était aussi celui des « Régions d'Europe ».

 

Certaines régions ont développé depuis plusieurs années des mécanismes d'aide à la mobilité des jeunes en Europe. Quels sont vos objectifs en ce domaine ?

 Nous souhaiterions créer un Erasmus des apprentis, qui reposera sur deux piliers : la généralisation de l'enseignement d'une langue vivante dans les formations et le développement de la mobilité internationale telle qu'elle se pratique dans l'enseignement supérieur ou chez les Compagnons du Devoir.

 

Avez-vous l'intention de mettre en place ou de renforcer des coopérations avec des régions d'autres pays ? Dans quel but ?

Il faut naturellement renforcer nos liens avec la Catalogne, et plus globalement avec l'ensemble de l'Euro-région (qui regroupe également la Navarre et Midi-Pyrénées). En particulier dans le domaine de l'emploi et des transports.

Il faut aussi, je le re-dis, occuper toute notre place dans la construction de l'euro-méditerranée qui sera un enjeu majeur dans les années à venir notamment en raison du développement inéluctable des énergies renouvelables.