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20/10/2011

Café-débat des Jeunes Centristes: "Nos institutions ont un déficit démocratique à combler..."

cadene,carpentier,devezeMercredi 19 octobre à 19h, au café des Trois Maures à Nîmes, les Jeunes Centristes organisaient leur deuxième "café-débat" dont le concept repose sur la (cordiale) confrontation de deux intervenants de partis politiques différents.
Le thème abordé hier soir par les Jeunes Centristes du Languedoc-Roussillon interrogeaient, devant une centaine de personnes, Julien Devèze (Secrétaire national du Nouveau Centre en charge des institutions) et Nicolas Cadene (n°2 du PS Gardois) sur la nécessité d’une éventuelle 6ème République ?
Accueillis par Eline Enriquez-Bouzanquet et Corentin Carpentier, les deux intervenants ont préalablement dressé le constat d’une République en mal de démocratie.
 
Julien Devèze estimant que nos institutions n’étaient pas satisfaisantes du point de vue du "principe" dans la mesure où elles privaient de représentation, ou sous-représentaient, plus d’un tiers des français qui ne votent pas pour l’UMP ou le PS. Par ailleurs, au delà des principes, le scrutin majoritaire instauré pour son "efficacité politique" ne remplit aujourd’hui plus son objectif, compte tenu de la difficulté pour notre pays à se réformer. "Le système actuel met en exergue les oppositions des uns et des autres quand elles devraient au contraire favoriser nos points d’accord" a déclaré Julien Devèze illustrant son propos par les exemples de la réforme des retraites, de la règle d’or, ou de la taxe carbone, "pourtant consensuelles dans les partis, qui n’a trouvé à l’Assemblée qu'une opposition fermée et systématique." 
 
DSC_0031.JPGPour éviter ce genre de comportements, il préconise d’assumer enfin la nature présidentielle de nos institutions en séparant strictement les pouvoirs de l’exécutif et du législatif. Un législatif qui deviendrait véritablement représentatif de la diversité politique française, où une large place pourrait alors être laissée à la proportionnelle, et où des majorités d’idées pourraient enfin émerger. "Plutôt que le nombre de manifestants, les médias, ou les sondages, le parlement redeviendrait le véritable arbitre face à la politique de l’exécutif."

Nicolas Cadene estime pour sa part : "plus que les institutions, ce sont les pratiques qu’il faut changer" . Et de stigmatiser "un air vicié au sommet de l’Etat. Vicié par les affaires." Pour assainir cet air, le PS préconise de mettre un terme au cumul des mandats, d’accroître le pouvoir de contrôle du parlement sur les nominations de l’exécutif, de faciliter la mise en place de commissions d’enquête parlementaire. Il est également favorable à l’introduction d’une "dose de proportionnelle" visant à garantir la présence de tous les partis à l’Assemblée.
 
julien devezeEnfin, le député Yvan Lachaud a conclu ce débat en rappelant  tout de même que le parlement depuis la réforme constitutionnelle de 2008 avait retrouvé des pouvoirs de contrôle, et que les députés conservaient leur liberté :  "Prenez l’exemple de ma proposition de loi sur les phtalates et les parabènes. Elle a été votée malgré le refus initial du gouvernement."  Il estime cependant nécessaire que la proportionnelle trouve une place dans l’élection des députés "afin de représenter tous nos concitoyens, car il est anormal de priver de parole un grand nombre d’entre eux."

14/10/2011

Café-débat: Doit-on se diriger vers une 6ème République?

 

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Midi Libre du mercredi 12 octobre. 

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Midi Libre du dimanche 16 octobre

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Midi Libre du mercredi 19 octobre

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11/10/2011

En France, la démocratie représentative existe... 3 jours tous les 5 ans!

montebourg,institutions,6ème république,démocratie,primairesLa percée d'Arnaud Montebourg a remis en lumière l'aspiration des français à une rénovation en profondeur de notre démocratie. On peut également noter, qu'après Bayrou en 2007, Montebourg est le deuxième candidat consécutif à enregistrer une forte progression en plaçant la thématique institutionnelle au coeur de son projet. Et pourtant, la classe politique, pour partie soucieuse de ses habitudes, pour une autre partie craignant de désintéresser l'électorat, refuse d'aborder de front une question pourtant majeure à l'action politique: celle de la "gouvernance".

Moralisation de la vie politique.

Chez les français, il est vrai, cette volonté de rénovation s'exprime en général de façon "populiste" par le rejet des élus, des élites, et le développement des idées de type "tous pourris". Leur traduction a minima dans la classe politique sont de l'ordre de l'interdiction du cumul des mandats, de la définition large des potentiels conflits d'intérêts, voire la diminution du montant des indemnités de mandats.

"Les français attendent surtout un message de vérité, et que la classe politique entende leurS réponseS à cette vérité."

Toutes ces propositions sont intéressantes et sans doute nécessaires à la moralisation de la vie politique, mais insuffisantes à mettre un terme au sentiment de défiance de nos concitoyens à l'égard de la démocratie "présidentielle" (par opposition à la démocratie parlementaire.)

Ce que les français attendent de leur démocratie n'est pas que l'ordre de l'exemplarité, ils attendent surtout un message de vérité, et que la classe politique entende leurS réponseS à cette vérité.

Or qu'a fait la Vème République, et plus précisément le scrutin majoritaire à 2 tours, de cette capacité de la classe politique à dire la vérité, et à écouter les français.

En réduisant les pouvoirs de l'opposition dans la gestion des affaires de la nation, elle l'a dé-responsabilisée et amenée prendre des postures d'opposition systématique, même sur les sujets les plus consensuels, comme la Taxe Carbone en 2009, ou plus récemment sur la "Règle d'Or". Cette attitude anti-pédagogique n'aide en rien les français à juger objectivement de la qualité des politiques publiques, mais les divise en deux camps irréconciliables qui s'accusent l'un l'autre des problèmes de la nation. Ce n'est pas l'attitude idéale pour affonter les défis économiques.

"A propos des négociations d'entre deux tours, Montebourg dit qu'il s'agit là de la 6ème République en actes... je dirais plutôt qu'il retrouve un peu l'esprit de la Vème République, de Chirac 74, de Barre 88." 

Le discours politique est donc soumis à la communication, à l'euphémisme, voire au mensonge d'un côté; à l'exagération, la dramatisation, la démagogie, et les promesses faciles de l'autre. Pas évident dans ce cadre là pour les français de se faire une idée des réalités économiques.

Or, non seulement la démocratie française n'assure pas une bonne information de ses concitoyens - elle n'est, me direz-vous, pas la seule - mais en plus, elle est incapable d'entendre réellement ce qu'ils ont à dire. 

Les derniers épisodes de négociations (ou pas) entre les deux tours des élections majoritaires nationales illustrent l'étroitesse de la marge de manoeuvre pour notre système politique pour agréger des résultats, nouer des alliances, négocier des plateformes de programme commun.

Ce mode de scrutin, où l'on élimine, plus qu'on ne choisit, régnant seul en France, prive régulièrement les électeurs du premier tour dont le candidat n'est pas qualifié au second tour de toute représentation.

Bayrou en 2007, n'a pas cherché à faire vivre les idées qu'il a défendues au premier tour... Montebourg, lui veut négocier, dans la transparence. Certains le lui reprochent, et trouvent qu'il en fait trop. Lui explique qu'il s'agit là de la 6ème République en actes... je dirais plutôt qu'il retrouve un peu l'esprit de la Vème République, de Chirac 74, de Barre 88.

La France reste cependant un des rares pays à avoir aussi peu de temps pour l'élaboration de ses consensus politiques, qui ne se font comme un conclave qu'au moment où il faut élire le pape ou le maire du palais.

Qui mettra un terme à cette monarchie élective? Apparemment pas Arnaud Montebourg en tout cas.

Dans le courrier, fort respectueux, dans sa démarche, de ses électeurs, qu'il a adressé aux deux "impétrants" Aubry et Hollande, la VIème république qui faisait jusqu'alors sa notoriété pèse bien peu face à ses exigences en matière de contrôle financier et de protectionnisme. Non seulement, elles n'a plus rien d'une sixième république, mais elle n'est plus qu'une énième révision constitutionnelle... unemplâtre moral sur la jambe de bois de la Vème.

"La nouvelle majeure 5ème" d'Arnaud Montebourg - proposées aux bridgeurs de mercredi :

... n'est pas une nouvelle république, car contrairement à son projet initial, il renonce à refonder les rapports entre exécutif et législatif. Il se contente de vouloir augmenter le pouvoir de contrôle du parlement sur les nominations de l'éxécutif. Une disposition déjà largement prise par Nicolas Sarkozy, à la demande des députés Nouveau Centre, dans la réforme constitutionnelle de 2008.

Pour le reste, en bon juriste, il en appelle au renforcement de la république des juges (Procureur Général indépendant... quelle légitimité?) et à des mesures populaires mais qui ne changeront rien à la république actuelle, comme le mandat parlementaire unique (qu'il ne s'applique d'ailleurs toujours pas à lui même).

Le plus frappant reste quand même qu'il semble, comme Bayrou en 2007, renoncer à remettre en cause le rôle du Président tout puissant qu'il voulait pourtant reléguer au rôle d'arbitre au dessus des partis dans un système parlementaire beaucoup plus classique. (voir ci dessous dans "la suite", le comparatif 6ème "Montebourg" vs 6ème du centre)

Son récent succès électoral l'aurait-il enivré de nouvelles perspectives de pouvoir personnel... comme le béarnais qui se rêvait Henri IV, le marquis rouge se mettrait-il à apprécier la monarchie?

 

Le comparatif 6ème "Montebourg" vs 6ème du centre

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