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26/10/2010

Le cumul des mandats est un symptome, et non une cause, de la sclérose politique française

Lutter contre le cumul de « ses propres mandats » est une attitude noble qui illustre non seulement le désintéressement personnel, l’esprit d’équipe, l’altruisme d’un homme ou d’une femme politique mais également sa capacité à considérer avec suffisamment de recul son engagement personnel.

 

Si on ne peut que se féliciter d’une démarche qui se voudrait peut-être le début d’un renouveau de la vie politique française, il n’en faut pas moins rester méfiant à l’égard d’une idée dont l’émergence n’est due qu’à un effet d’aubaine stratégique en terme d’image dans la course à la présidentielle qui constitue en 2010 plus que jamais, la somme de toutes les motivations politiques.

 

« Se féliciter de la volonté de réduire le cumul des mandats, mais se méfier d’une idée qui viendrait une nouvelle fois affaiblir le parlement face à la puissance de l’image personnelle des présidentiables. »

 

Dans le cadre de la Vème République,  alors que l’exécutif et, en particulier le Président de la République, sont omnipotents et seuls maîtres à bord de la majorité, isoler les parlementaires dans la seule sphère parisienne, et couper les « grands élus locaux » d’un espace d’expression national ne reviendrait-il pas à priver le parlement du peu d’autonomie qu’il lui reste ?

 

C’est un risque que l’on doit sérieusement mesurer, sans pour autant perdre de vue l’exigence du renouvellement politique.

 

Une exigence qui s’accomplit plus facilement dans les faits, que dans les textes et ceux-ci même modifiés produisent parfois des effets pervers que seule la volonté de renouvellement de l’électeur permet de remettre en cause. Nous proposerons cependant un certain nombre de dispositions, des "mises à jour", rendues indispensables, comme notamment la prise en compte des mandats au sein des établissements publics intercommunaux dans le calcul du cumul. Les élus devront également être en mesure de  prendre des mesures morales de sobriété financière symboliques mais nécessaires au regard de la situation sociale du pays.

 

 

Une exigence qui pose également la question cruciale du statut de l’élu. Un statut de l’élu rendu plus nécessaire encore par une certaine « précarisation assumée et souhaitée » de la carrière politique qui pourrait engendrer un accroissement de la sur-représentation des fonctionnaires et professions libérales dans la classe politique au détriment des salariés du privé.

 

« une réforme institutionnelle globale qui aura pour but premier de ré-équilibrer les pouvoirs entre exécutif et législatif »

 

Le Nouveau Centre se doit de proposer une réforme institutionnelle globale qui aura pour but premier de ré-équilibrer les pouvoirs entre exécutif et législatif en assumant véritablement le régime présidentiel en France. Les fonctions de Président de la République, mais surtout celle de Sénateur, et de Députés, devront être re-pensées pour permettre à nouveau à des consensus de s'incarner politiquement dans le pays, pour permettre aux français de retrouver une société apaisée. Nous formulerons prochainement des propositions en la matière...

 

Croire qu'interdire le cumul des mandats changera véritablement la façon de fonctionner de notre démocratie est une erreur: ce serait confondre causes et conséquences.

 

C'est uniquement dans le cadre d'une véritable refonte de notre démocratie que nous parviendrons à re-donner à notre vie politique l'objectivité et le sens des responsabilités qui nuisent à l'efficacité des réformes nécessaires à un grand pays comme la France.