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07/12/2011

Bayrou "l'ego-centriste"... marronnier quinquennal des journalistes!

bayrouEn annonçant aujourd'hui sa candidature, François BAYROU n'a pas créé la surprise. Il eut fallu pour cela, qu'il annonce autre chose qu'un discours ronflant, composé principalement d'imprécation, et d'auto-glorification.

A l'heure où Jean-Louis BORLOO s'interroge sur l'avenir du centre dans le système institutionnel, où Hervé MORIN cherche à incarner la sensibilité du centre droit historique, François BAYROU, l'homme dont l'autoritarisme et l'égo démentiel ont chassé tous les contradicteurs de son entourage pour ne laisser place qu'aux ultras fanatisés, peut-il encore représenter le centre? 

"Les valeurs du centre les plus discriminantes par rapport à la politique actuelle sont de l'ordre de la méthode, pas du fond de la politique menée."

Une chose est sûre, Jean-Louis BORLOO pose le débat comme il faut quand il place la question institutionnelle au coeur de la problématique centriste. Non pas seulement pour des raisons tactiques, mais aussi et avant tout parce que nos valeurs les plus "discriminantes" dans l'offre politique actuelle sont de l'ordre de la méthode, pas du fond de la politique menée.

On peut craindre que la crise n'ait projeté l'électorat français dans un nouveau registre binaire, en dehors de toute maîtrise politique. Le clivage le plus équilibré de la société française ne se situe plus sur l'axe droite/gauche, mais malheureusement, sur l'axe acceptation ou refus de la mondialisation (responsables contre révoltés, ou encore réformistes contre conservateurs pourrait-on presque dire...) Or, cette axe oppose d'un côté les tenants du repli, qu'il soit national et économique comme Marine LE PEN, ou social comme Jean-Luc MELENCHON; de l'autre côté: les tenants d'une politique européenne forte au premier rang desquels les centristes, dont les idées sont reprises en grande partie par Nicolas SARKOZY (Europe fédérale, orthodoxie budgétaire, libéralisme, responsabilité individuelle, réhabilitation de la valeur travail).

Le jeu est encore brouillé, mais sur le terrain, on sent bien que le véritable clivage est là: ceux qui sont encore prêts à faire des efforts, et ceux qui sont excédés. A tort ou à raison.

Le jeu est encore brouillé par le phénomène des candidats qui tentent de jouer sur tous les tableaux.

Le plus important d'entre eux reste François HOLLANDE. Il a - pour le moment - senti dans quel piège le conduirait des concessions à sa gauche. Il a pu le percevoir dès l'annonce des 60000 postes dans l'éducation nationale, et surtout lors de la polémique sur le nucléaire après l'accord PS/EELV. Par conséquent son axe principal ce n'est pas de changer de politique, mais surtout de changer de président en misant sur l'impopularité du Président sortant. L'anti-sarkozysme suffira peut-être à le faire élire, mais les lendemains seront très très durs!

Eva JOLY occupe un tout autre registre. Si Europe Ecologie version Nicolas HULOT et Daniel COHN BENDIT a toujours fait preuve de responsabilité, de véritable volonté de pédagogie sur la question énergétique, sur l'Europe, voire même sur la question de la dette et ont incarné ainsi un véritable courant de centre gauche, les primaires du mois de juillet dernier ont donné le sentiment  que les militants VERTS ont porté leur choix sur Eva JOLY pour contredire cette ligne "centriste". Depuis, au delà des thèmes gauchisants, le jeu des écologistes sur les peurs nées de Fukushima les font nettement pencher dans la balance du populisme de "repli".

Enfin, François BAYROU, "l'égo-centriste". Malgré son anti-sarkozysme de parade, le programme qu'il défend devrait le faire pencher naturellement dans le camp des réformistes. Il défend à peu de choses près le même projet que celui de 2007, qui est aussi celui des centristes de la majorité. Mais le diable se cache dans les détails, et nous en revenons là, à la question institutionnelle posée plus haut.

Un point d'histoire:

En 2006, l'UDF et ses 16% aux élections européennes est un parti plein d'avenir. Son groupe parlementaire, se situe clairement dans la majorité, compte un ministre dans le gouvernement, et essaie de peser autant que possible sur les choix gouvernementaux (un peu comme elle le fait aujourd'hui). Mais cela leur semble insuffisant.

"Ne sous-estimons pas la façon dont nos concitoyens savent produire des institutions qui répondent aux impératifs du monde dans lequel leur pays évolue. Dans son passé constitutionnel tumultueux, la France a prouvé qu'il s'agissait là d'un trait de son génie national"

Lors de leurs journées parlementaires de septembre 2006, ils lancent un appel pour une 6ème république. République au régime présidentiel assumé et assurant un véritable équilibre entre les pouvoirs, et permettant une représentation parlementaire élue pour partie à la proportionnelle garante de la diversité politique de notre pays.

Cette idée, ce n'est pas que de la tambouille politicienne. C'est aussi la garantie d'un changement radical dans la façon de faire de la politique dans ce pays. Produire des institutions qui favorisent le rassemblement, le consensus et l'émergence d'une politique opportune pour le pays, c'est cela qui ferait le génie français au XXIème siècle.

Le génie français, ce n'est pas, comme le croient tous ceux qui sont obsédés par leur destin personnel, la faculté à produire des hommes providentiels. Ces hommes n'avaient de providentiels que leur capacité à adapter les institutions de notre pays au monde dans lequel il évolue. De Gaulle et la Vème République répondaient à un impératif: sortir le pays de l'instabilité gouvernementale pour mener la décolonisation. Aujourd'hui, nous devons sortir le pays de ses divisions et mener une politique économique courageuse, à longs termes, et empreinte de justice sociale. Elle ne se fera que dans le consensus politique. Tel doit être le message des centristes.

Est-ce celui de François BAYROU? Certainement pas.

Monsieur "l'égo-centriste", ne parle que de lui. Quand il parle "Union Nationale", il ne la consent qu'autour de lui. Le changement institutionnel, il l'a balayé d'un revers de main au détour d'une conférence de presse de mars 2007. Alors à 22% dans les sondages, il se voyait élu, et ne voulait surtout  pas partager le pouvoir, ni remettre son élection durement acquise en jeu, un an après l'avoir gagnée.

"Bayrou est en passe de devenir un marronnier quinquennal pour les journalistes..."

Non, François BAYROU, est aujourd'hui dans la posture. Et en période présidentielle, il se régale de se voir si beau dans le miroir des médias dont il est en passe de devenir un marronnier quinquennal.

"Je me présente devant vous en homme libre avec un projet et une volonté pour notre peuple et pour notre pays.»

En homme libre. De la liberté facile des solitaires qui n'ont pas d'attaches. Prêt, au cas où, il serait élu, à asservir toute la classe politique qu'il méprise tant, en leur demandant de se rallier à son panache resté immaculé de toute "négociation".

Mais, on ne construit pas une majorité politique sur un homme... même sous la monarchie élective qui nous sert de Vème République... surtout en France, où l'on aime sacrer des rois pour mieux leur couper la tête quelques semaines après!

Dès les premières difficultés, dès le terme de l'état de grâce, Bayrou redeviendra un homme seul, isolé, plus que n'importe quel président ne l'aura jamais été... les ralliés de gauche, retourneront à gauche. Les ralliés de droite retourneront à droite. Ainsi va la vie de la Vème République et de son absurde suffrage majoritaire.

Bayrou est donc en train de ré-inventer un populisme-poujadiste d'extrême centre... une sorte de boulangisme en fait... Probablement comme une autre improbable figure de la Vème république, il ne veut pas réellement du pouvoir. Il commence d'ailleurs à lui emprunter certains de ses thèmes: rejet du système, UMPS, complot médiatique, et même maintenant "Achetez français" qui au passage, était le slogan du parti communistre français en 1946. Bayrou penche désormais bel et bien, et contre toute attente, dans le camps du REPLI et de la démagogie.

Il y a donc fort à parier qu'il ne pourra rien faire des voix qui se seront portées sur son nom. D'abord, parce qu'elles ne lui appartiennent pas, comme on l'a vu en 2007. Ensuite, parce qu'il casserait sans doute l'image qu'il s'est fait de lui même.


Il préfèrera sans doute une carrière de marronnier quinquennal de type Arlette Laguiller. C'est dommage. Mais nous devons prendre nos responsabilités et faire en sorte d'essayer de peser sur ce système. Repartir de zéro, et compter sur la volonté des français de changer un système dont ils voient quotidiennement l'absurdité.

25/11/2011

Le centrisme c'est rassembler la droite et la gauche, pas les rejeter dos à dos.

rmc,grandes gueules,Comme souvent entre deux rendez-vous, j'écoutais dans la voiture les Grandes Gueules de RMC. Elles consacraient la première partie de leur émission à la candidature de François BAYROU.  Face aux propos tenus par Claire O'Petit au début de l'émission, que vous pouvez écouter en intégralité j'ai décidé de réagir.

Plus "bayrou-dolâtre" que véritablement dotée d'un "logiciel" centriste, Madame O'Petit a commencé  sa diatribe démagogique à l'encontre du Nouveau Centre, des députés... pour elle, sans doute, seule compte l'élection présidentielle; et la séparation des pouvoirs, n'est qu'un vain mot, un alibi "pour les politiciens professionnels".

Alors, vous l'entendrez, elle a eu du mal à supporter la contradiction, et, à la faveur d'un micro au volume plus élevé que le mien, m'a copieusement coupé la parole ou couvert de ses "non!" les vérités qu'elle ne voulait pas entendre.  C'est le jeu me direz-vous, et je l'accepte bien volontiers. Mais les propos qu'elle a tenu à l'encontre d'Hervé MORIN sont outranciers, et relèvent de l'insulte publique...

Vous le verrez, elle n'a pas de "logiciel centriste", mais n'est pas non plus "démocrate".

podcast

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14/12/2010

Divergences FM : la place du centre dans la vie politique française

Julien Deveze représentait le Nouveau Centre dans le cadre du débat organisé par "Divergences FM" sur le centrisme, le lundi 13 décembre dernier.

Diffusé en direct de 12h30 à 14h, la radio libre montpelliéraine a consacré une heure et demie à cette question politique en invitant pour le Modem, Michel ASLANIAN, le député de Lodève, Robert LECOU pour les radicaux,  le député-maire de Castelnau, Jean-Pierre GRAND pour les villepinistes, et donc Julien DEVEZE pour le Nouveau Centre.

Nous vous proposons de retrouver l'intégralité de l'émission sur ce podcast.

Bonne écoute, et n'hésitez pas à réagir.