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14/10/2011

Café-débat: Doit-on se diriger vers une 6ème République?

 

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Midi Libre du mercredi 12 octobre. 

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Midi Libre du dimanche 16 octobre

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Midi Libre du mercredi 19 octobre

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11/10/2011

En France, la démocratie représentative existe... 3 jours tous les 5 ans!

montebourg,institutions,6ème république,démocratie,primairesLa percée d'Arnaud Montebourg a remis en lumière l'aspiration des français à une rénovation en profondeur de notre démocratie. On peut également noter, qu'après Bayrou en 2007, Montebourg est le deuxième candidat consécutif à enregistrer une forte progression en plaçant la thématique institutionnelle au coeur de son projet. Et pourtant, la classe politique, pour partie soucieuse de ses habitudes, pour une autre partie craignant de désintéresser l'électorat, refuse d'aborder de front une question pourtant majeure à l'action politique: celle de la "gouvernance".

Moralisation de la vie politique.

Chez les français, il est vrai, cette volonté de rénovation s'exprime en général de façon "populiste" par le rejet des élus, des élites, et le développement des idées de type "tous pourris". Leur traduction a minima dans la classe politique sont de l'ordre de l'interdiction du cumul des mandats, de la définition large des potentiels conflits d'intérêts, voire la diminution du montant des indemnités de mandats.

"Les français attendent surtout un message de vérité, et que la classe politique entende leurS réponseS à cette vérité."

Toutes ces propositions sont intéressantes et sans doute nécessaires à la moralisation de la vie politique, mais insuffisantes à mettre un terme au sentiment de défiance de nos concitoyens à l'égard de la démocratie "présidentielle" (par opposition à la démocratie parlementaire.)

Ce que les français attendent de leur démocratie n'est pas que l'ordre de l'exemplarité, ils attendent surtout un message de vérité, et que la classe politique entende leurS réponseS à cette vérité.

Or qu'a fait la Vème République, et plus précisément le scrutin majoritaire à 2 tours, de cette capacité de la classe politique à dire la vérité, et à écouter les français.

En réduisant les pouvoirs de l'opposition dans la gestion des affaires de la nation, elle l'a dé-responsabilisée et amenée prendre des postures d'opposition systématique, même sur les sujets les plus consensuels, comme la Taxe Carbone en 2009, ou plus récemment sur la "Règle d'Or". Cette attitude anti-pédagogique n'aide en rien les français à juger objectivement de la qualité des politiques publiques, mais les divise en deux camps irréconciliables qui s'accusent l'un l'autre des problèmes de la nation. Ce n'est pas l'attitude idéale pour affonter les défis économiques.

"A propos des négociations d'entre deux tours, Montebourg dit qu'il s'agit là de la 6ème République en actes... je dirais plutôt qu'il retrouve un peu l'esprit de la Vème République, de Chirac 74, de Barre 88." 

Le discours politique est donc soumis à la communication, à l'euphémisme, voire au mensonge d'un côté; à l'exagération, la dramatisation, la démagogie, et les promesses faciles de l'autre. Pas évident dans ce cadre là pour les français de se faire une idée des réalités économiques.

Or, non seulement la démocratie française n'assure pas une bonne information de ses concitoyens - elle n'est, me direz-vous, pas la seule - mais en plus, elle est incapable d'entendre réellement ce qu'ils ont à dire. 

Les derniers épisodes de négociations (ou pas) entre les deux tours des élections majoritaires nationales illustrent l'étroitesse de la marge de manoeuvre pour notre système politique pour agréger des résultats, nouer des alliances, négocier des plateformes de programme commun.

Ce mode de scrutin, où l'on élimine, plus qu'on ne choisit, régnant seul en France, prive régulièrement les électeurs du premier tour dont le candidat n'est pas qualifié au second tour de toute représentation.

Bayrou en 2007, n'a pas cherché à faire vivre les idées qu'il a défendues au premier tour... Montebourg, lui veut négocier, dans la transparence. Certains le lui reprochent, et trouvent qu'il en fait trop. Lui explique qu'il s'agit là de la 6ème République en actes... je dirais plutôt qu'il retrouve un peu l'esprit de la Vème République, de Chirac 74, de Barre 88.

La France reste cependant un des rares pays à avoir aussi peu de temps pour l'élaboration de ses consensus politiques, qui ne se font comme un conclave qu'au moment où il faut élire le pape ou le maire du palais.

Qui mettra un terme à cette monarchie élective? Apparemment pas Arnaud Montebourg en tout cas.

Dans le courrier, fort respectueux, dans sa démarche, de ses électeurs, qu'il a adressé aux deux "impétrants" Aubry et Hollande, la VIème république qui faisait jusqu'alors sa notoriété pèse bien peu face à ses exigences en matière de contrôle financier et de protectionnisme. Non seulement, elles n'a plus rien d'une sixième république, mais elle n'est plus qu'une énième révision constitutionnelle... unemplâtre moral sur la jambe de bois de la Vème.

"La nouvelle majeure 5ème" d'Arnaud Montebourg - proposées aux bridgeurs de mercredi :

... n'est pas une nouvelle république, car contrairement à son projet initial, il renonce à refonder les rapports entre exécutif et législatif. Il se contente de vouloir augmenter le pouvoir de contrôle du parlement sur les nominations de l'éxécutif. Une disposition déjà largement prise par Nicolas Sarkozy, à la demande des députés Nouveau Centre, dans la réforme constitutionnelle de 2008.

Pour le reste, en bon juriste, il en appelle au renforcement de la république des juges (Procureur Général indépendant... quelle légitimité?) et à des mesures populaires mais qui ne changeront rien à la république actuelle, comme le mandat parlementaire unique (qu'il ne s'applique d'ailleurs toujours pas à lui même).

Le plus frappant reste quand même qu'il semble, comme Bayrou en 2007, renoncer à remettre en cause le rôle du Président tout puissant qu'il voulait pourtant reléguer au rôle d'arbitre au dessus des partis dans un système parlementaire beaucoup plus classique. (voir ci dessous dans "la suite", le comparatif 6ème "Montebourg" vs 6ème du centre)

Son récent succès électoral l'aurait-il enivré de nouvelles perspectives de pouvoir personnel... comme le béarnais qui se rêvait Henri IV, le marquis rouge se mettrait-il à apprécier la monarchie?

 

Le comparatif 6ème "Montebourg" vs 6ème du centre

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09/10/2011

Des primaires paradoxales

article_montage-parti-socialiste.jpgCette journée de dimanche vient d'abord couronner la communication du PS. Quel exploit de parvenir à faire croire aux médias, qu'une mobilisation de 2 millions de personne est un succès quand la précédente candidate du parti rassemblait 17 millions de voix lors de la dernière présidentielle.

S'il n'y a donc pas lieu de tirer des conclusions trop hâtives sur la capacité de mobilisation du parti socialiste, on ne peut cependant pas nier que ces premières "primaires ouvertes"sont aussi l'expression d'une réelle aspiration démocratique chez nos concitoyens: regroupant sous cette belle idée, ceux qui ont voté aujourd'hui, mais aussi, tous ceux qui auraient bien aimé pouvoir le faire, du côté de la majorité actuelle.

Ces primaires soulèvent en effet bien des paradoxes... ces primaires donnent plus de pouvoir à l'électeur, mais garantissent-elles pour autant la pluralité de notre vie politique? Favorisant l'expression des idées, ces primaires sont aussi et surtout une confrontation de personnalité?

Arnaud MONTEBOURG, arbitre malgré lui?

Arnaud Montebourg et Manuel Valls étaient les grandes révélations de cette campagne de premier tour. Dans des styles et des proportions différentes, ils ont crédibilisé et "relevé" le débat socialiste. Forcé "les candidats favoris des sondages" à des arbitrages et des postures lisses, quand Valls provoquait par son objectivité vis à vis de la droite et du centre, et quand Montebourg, par la cohérence de son projet "véritablement pensé"séduisait des électeurs aux idées pourtant souvent éloignées des siennes.

"Montebourg a rencontré le succès qu'il méritait en donnant de la "profondeur" au débat politique."

Son analyse de la situation est en phase avec celle d'une grande partie de nos concitoyens qui s'interrogent sur le monde de demain. Dédificit démocratique de nos institutions, crise énergétique et démondialisation, sont des questions majeures, mais qui restent malheureusement peu abordées par la classe politique. Si les réponses qu'il apporte à ses questions ne me correspondent pas globalement, Montebourg a rencontré le succès qu'il méritait en donnant de la "profondeur" au débat politique.

Il est ce soir, l'arbitre, un peu malgré lui de ce second tour. "Malgré lui" pour trois raisons principales:montebourg.jpg

- idéologiquement, il est éloigné de François Hollande qui s'est positionné au centre-droit quand Montebourg aime se poser en "marquis rouge".

- politiquement, il est en bisbille avec les synthèses politiciennes de Martine Aubry qui transige avec Navarro dans l'Hérault, et surtout Guérini dans les Bouches du Rhone.

- tactiquement, il pourrait être tenté d'adopter la posture de François Bayrou celle d'un ni-ni, pour se poster en recours dans l'opposition. J'y reviendrai plus loin sur le risque que peut faire courir la primaire dans l'optique d'une future majorité présidentielle. 

Comme le candidat centriste de 2007, il a, en tout cas, une chance historique de faire évoluer durablement notre démocratie en choisissant d'imposer au candidat socialiste une réforme institutionnelle majeure. Plusieurs indices me laissent penser qu'il fera, malheureusement, un autre choix.

Comme en 2007, le scrutin majoritaire à deux tours et sa phase de "négociation" de quelques heures, est bien mal placé pour permettre aux battus du premier tour de faire vivre les voix qu'ils ont recueilli à juste proportion.


Ségolène ROYAL, ou l'insoutenable légèreté de l'être.

Nul doute que les égos les plus passionnés d'eux mêmes auront remarqué la cruauté de la démocratie envers celles et ceux qui croient pouvoir contrôler leur DESTIN personnel et n'agir que pour lui, au détriment des idées.

 

"Les primaires démontrent à ces "people" la fragilité de "ce qu'ils incarnent". Ils devront donc être prêts comme aux Etats-Unis, à gagner ou s'éclipser."

Après Bayrou passé de 19% des voix à 3% en moins de trois ans, Ségolène ROYAL a pu comprendre combien l'image d'un individu est fragile face à la volatilité de l'opinion. De 17 millions de voix en 2007, à 140 000 en 2011. Le message de ces primaires, là encore est paradoxal.

Paradoxal, parce qu'il consacre la peopolisation de la vie politique, en multipliant les aventures "individuelles" et le rapport direct entre le candidat et le peuple. Mais aussi, parce qu'il démontre à ces "people", ainsi qu'à leurs fervents supporters, la fragilité de "ce qu'ils incarnent". Ils devront donc être prêts comme aux Etats-Unis, à gagner ou s'éclipser, et non plus à s'accrocher au système, comme s'ils attendaient leur tour.

 

Ces paradoxales primaires socialistes sont, à n'en pas douter, une étape dans la vie politique de notre pays... elles seront peut-être un tournant, peut-être un aboutissement.

Vitrine d'une offre politique diversifiée, elle consacre aussi le bipartisme à l'américaine, pourtant éloigné de la culture politique française. Est-ce vraiment là ce que souhaitent les français?

Sensée légitimer le candidat de l'opposition, elles pourraient aussi le contraindre à des alliances contre-nature, diviser les troupes, et aiguiser les intérêts et les calculs personnels. Comment associer dans un gouvernement devenu fantôche face au Président de la Répulique des personnalités ayant pris une telle ampleur? L'usure du pouvoir aidant, tous ces "candidats" en puissance ne seront-ils pas tentés de se désolidariser pour jouer leur carte personnelle... A l'UMP certains ont ces tentations, sans qu'ils aient pour autant rassembler des voix à une élection nationale sur leur nom... Le bûcher des vanités à de beaux jours devant lui... alors 2017, en cas de victoire socialiste, promet une belle foire d'empoigne.