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25/11/2011

Le centrisme c'est rassembler la droite et la gauche, pas les rejeter dos à dos.

rmc,grandes gueules,Comme souvent entre deux rendez-vous, j'écoutais dans la voiture les Grandes Gueules de RMC. Elles consacraient la première partie de leur émission à la candidature de François BAYROU.  Face aux propos tenus par Claire O'Petit au début de l'émission, que vous pouvez écouter en intégralité j'ai décidé de réagir.

Plus "bayrou-dolâtre" que véritablement dotée d'un "logiciel" centriste, Madame O'Petit a commencé  sa diatribe démagogique à l'encontre du Nouveau Centre, des députés... pour elle, sans doute, seule compte l'élection présidentielle; et la séparation des pouvoirs, n'est qu'un vain mot, un alibi "pour les politiciens professionnels".

Alors, vous l'entendrez, elle a eu du mal à supporter la contradiction, et, à la faveur d'un micro au volume plus élevé que le mien, m'a copieusement coupé la parole ou couvert de ses "non!" les vérités qu'elle ne voulait pas entendre.  C'est le jeu me direz-vous, et je l'accepte bien volontiers. Mais les propos qu'elle a tenu à l'encontre d'Hervé MORIN sont outranciers, et relèvent de l'insulte publique...

Vous le verrez, elle n'a pas de "logiciel centriste", mais n'est pas non plus "démocrate".

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10/11/2011

Convention nationale de l'UEJF à Marseille: "S'interroger sur notre façon de répondre au FN... car la stratégie de l'anathème est en échec depuis 20 ans"

UEJF,julien deveze,marseilleJulien DEVEZE représentait jeudi soir à Marseille Hervé MORIN, dans le cadre de la convention nationale de l'Union des Etudiants Juifs de France, et en particulier au cours d'une rencontre républicaine sur les réponses à apporter au Front National. Retrouvez les grandes lignes de son discours.

"C’est non sans émotion que je reviens à Marseille pour évoquer la question du Front National… je me souviens en effet avoir assisté dans cette même ville, entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2002 à un grand meeting de mobilisation républicaine de refus du FN, de sa démagogie, de sa la vindicte que ses leaders, qu’il se prénomme Jean-Marie ou Marine, ont toujours lancé sur ceux qu’ils ont désigné comme bouc-émissaire.

Mais depuis dix ans, où en sommes nous? Ne devons nous pas nous interroger sur la façon pour les démocrates que nous sommes d'apporter des réponses à la question qu'est celle du Front National, et plus largement de la montée du populisme en France.

Au niveau des résultats, les dernières régionales, les dernières cantonales ont démontré que les scores du FN dans des villes comme Marseille, où pourtant le cosmopolitisme est une identité, dans des villes comme Nîmes, berceau de Rabaud Saint Etienne, devaient nous conduire à des réponses qui ne pouvaient plus seulement être du registre de l'anathème, comme on vient de l'entendre.

"Nous, démocrates, devons nous interroger sur la façon  d'apporter des réponses à la question du Front National, et plus largement de la montée du populisme en France?"

A la suite de l'attentat contre le siège de Charlie Hebdo, je suis "retombé" sur cette citation de John Stuart Mill:

"ce qu'il y a de particulièrement néfaste à imposer silence à l'expression d'une opinion, c'est que cela revient à voler l'humanité. Si l'opinion est juste, on les prive de l'occasion d'échanger l'erreur pour la vérité ; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable : une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l'erreur."

Je crois que nous devrions aujourd'hui très clairement nous en inspirer face au FN.

D'abord parce qu'elle implique de la pédagogie, et que nous apportions aujourd'hui des réponses qui prennent du temps à expliquer à nos concitoyens.

"Avec Hervé Morin, nous avons mené ce travail de pédagogie cet été pour expliquer à nos compatriotes, que ce dont nous avons besoin en réalité, ce n’est pas de moins d’Europe, c’est de mieux d’Europe"

Quand le FN, à propos de l'euro dit :"pourquoi payer pour les grecs aujourd’hui, demain, peut-être pour les italiens… et le FN dans sa logique de repli national, de vouloir revenir au franc…"

Tout cela c’est la voix de la facilité. Avec le Nouveau Centre, avec Hervé Morin, nous avons mené ce travail de pédagogie cet été pour expliquer à nos compatriotes, que ce dont nous avons besoin en réalité, ce n’est pas de moins d’Europe, c’est de mieux d’Europe, c’est de plus de solidarité européenne, pour pouvoir peser dans quelques années sur le monde. Lui faire partager un modèle de société différent de celui des Etats-Unis et surtout de la Chine. Cela demande de prendre le temps de discuter avec nos concitoyens et d’établir un véritable débat démocratique. Nous avons sur ce sujet plus que jamais, besoin de réfléchir à longs termes, de porter de l’espoir, quand le temps politique en demande de l’immédiateté.

Ensuite car cette formule de Mill, implique aussi un sens de l'écoute, et une véritable prise en compte de thèmes que nous avons laissé au Front National, par manque d'écoute de nos concitoyens:

C'est le cas pour la sécurité… car en tant que républicains et démocrates, nous avons le devoir d’assurer ce qui constitue un des droits naturels et imprescriptible de l’homme qu’est le droit à la sureté.  Et aujourd’hui, vous le savez comme moi, ce ne sont pas seulement les personnes âgées qui ont peur, mais aussi des jeunes adolescents, qui au collège se font racketter, et qui sont tenté par le vote FN. Que dire à ces gamins ? Que l’on ne peut rien faire à ses agresseurs parce qu’ils sont mineurs ? Parce qu’on a plus de place à la PJJ ?

"En tant que républicains et démocrates, nous avons le devoir d’assurer ce qui constitue un des droits naturels et imprescriptible de l’homme qu’est le droit à la sureté"

Cela n’ira pas, évidemment, simplement en le disant. Il faut pour cela restaurer l’autorité de l’Etat. C’est le devoir impérieux de la République, avec lequel nous ne devons pas transiger.
Je le dis très clairement, car j’ai eu l’occasion de travailler avec Yvan LACHAUD sur le sujet de la délinquance des mineurs, un consensus est possible.

Le tout est de ne pas rester campé sur ses positions, et surtout de ne pas nier le problème… Nos concitoyens attendent cela de la République et c’est leur droit.
 
Enfin, le sens profonde de cette formule de Mill, c'est tout bonnement celui de l’expression démocratique. Je vous le dis clairement, on ne luttera pas efficacement contre le FN en l’excluant de la représentation nationale. On ne fait que nourrir l’anti-parlementarisme, la suspicion, le sentiment, pour tous ceux qui ne se sentent pas entendus dans notre société, que le parti « baillonné » est naturellement celui qui  les représente…. Et d’arguer, à juste titre, que notre démocratie n’en est pas une puisqu’elle prive 20% de l’électorat de toute représentation politique.

"En excluant le FN de la représentation nationale, on ne fait que nourrir l’anti-parlementarisme, la suspicion, le sentiment, pour tous ceux qui ne se sentent pas entendus dans notre société, que le parti « baillonné » est naturellement celui qui  les représente…"

N’ayons pas peur de la démocratie. Quand on est sûrs de ses convictions on a pas à craindre celle des autres…

En tant que démocrate, notre crédibilité passe non seulement par notre capacité à ENTENDRE, c'est un préalable pour pouvoir REPONDRE."

20/10/2011

Café-débat des Jeunes Centristes: "Nos institutions ont un déficit démocratique à combler..."

cadene,carpentier,devezeMercredi 19 octobre à 19h, au café des Trois Maures à Nîmes, les Jeunes Centristes organisaient leur deuxième "café-débat" dont le concept repose sur la (cordiale) confrontation de deux intervenants de partis politiques différents.
Le thème abordé hier soir par les Jeunes Centristes du Languedoc-Roussillon interrogeaient, devant une centaine de personnes, Julien Devèze (Secrétaire national du Nouveau Centre en charge des institutions) et Nicolas Cadene (n°2 du PS Gardois) sur la nécessité d’une éventuelle 6ème République ?
Accueillis par Eline Enriquez-Bouzanquet et Corentin Carpentier, les deux intervenants ont préalablement dressé le constat d’une République en mal de démocratie.
 
Julien Devèze estimant que nos institutions n’étaient pas satisfaisantes du point de vue du "principe" dans la mesure où elles privaient de représentation, ou sous-représentaient, plus d’un tiers des français qui ne votent pas pour l’UMP ou le PS. Par ailleurs, au delà des principes, le scrutin majoritaire instauré pour son "efficacité politique" ne remplit aujourd’hui plus son objectif, compte tenu de la difficulté pour notre pays à se réformer. "Le système actuel met en exergue les oppositions des uns et des autres quand elles devraient au contraire favoriser nos points d’accord" a déclaré Julien Devèze illustrant son propos par les exemples de la réforme des retraites, de la règle d’or, ou de la taxe carbone, "pourtant consensuelles dans les partis, qui n’a trouvé à l’Assemblée qu'une opposition fermée et systématique." 
 
DSC_0031.JPGPour éviter ce genre de comportements, il préconise d’assumer enfin la nature présidentielle de nos institutions en séparant strictement les pouvoirs de l’exécutif et du législatif. Un législatif qui deviendrait véritablement représentatif de la diversité politique française, où une large place pourrait alors être laissée à la proportionnelle, et où des majorités d’idées pourraient enfin émerger. "Plutôt que le nombre de manifestants, les médias, ou les sondages, le parlement redeviendrait le véritable arbitre face à la politique de l’exécutif."

Nicolas Cadene estime pour sa part : "plus que les institutions, ce sont les pratiques qu’il faut changer" . Et de stigmatiser "un air vicié au sommet de l’Etat. Vicié par les affaires." Pour assainir cet air, le PS préconise de mettre un terme au cumul des mandats, d’accroître le pouvoir de contrôle du parlement sur les nominations de l’exécutif, de faciliter la mise en place de commissions d’enquête parlementaire. Il est également favorable à l’introduction d’une "dose de proportionnelle" visant à garantir la présence de tous les partis à l’Assemblée.
 
julien devezeEnfin, le député Yvan Lachaud a conclu ce débat en rappelant  tout de même que le parlement depuis la réforme constitutionnelle de 2008 avait retrouvé des pouvoirs de contrôle, et que les députés conservaient leur liberté :  "Prenez l’exemple de ma proposition de loi sur les phtalates et les parabènes. Elle a été votée malgré le refus initial du gouvernement."  Il estime cependant nécessaire que la proportionnelle trouve une place dans l’élection des députés "afin de représenter tous nos concitoyens, car il est anormal de priver de parole un grand nombre d’entre eux."