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12/07/2013

Quel(s) message(s) adresse-t-on aujourd'hui à la jeunesse?

recherche futur.pngDes taux de réussite insolents au baccalauréat, la suppression de la bourse au mérite chez les bâcheliers, la nomination de la célèbre Catherine "super-nany maman gateau" SULTAN des juges de la famille à la tête de la PJJ... à lire la presse ces derniers jours, tout semble aller pour le mieux pour nos jeunes! Brillants dans les études, ils semblent en plus avoir tourné la page de la petite délinquance, devenue si résiduelle, que l'on peut désormais revenir avec bonheuer aux valeurs soixante-huitardes oubliées sous Sarko et nommer à la tête de l'institution, l'apôtre du "il faut bien que jeunesse se passe".  

Avec quelques jours d'intervalle, ces informations sont passées - quasiment - inaperçues, et pourtant elles en disent long sur la façon dont le dogmatisme de la bien-pensance, l'impérieuse nécessité des bons sentiments, le triomphe de la démo-mediocratie sur la République méritocratique, sont en train de préparer un avenir bien sombre à la jeunesse de notre pays.

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05/01/2012

"Nul ne peut se sentir à la fois responsable et désespéré" Antoine de Saint Exupéry

Reboot universe.jpg"Chers lecteurs,

Permettez-moi, en ce début d'année, et un peu plus tôt que l'an dernier, de vous présenter tous mes voeux pour cette année 2012.

Pour notre monde, pour notre Europe, pour notre pays et notre région, dont les évènements marquants en 2011 n'étaient guère réjouissants, permettez moi également de tracer quelques lignes pour espérer.

Espérons que ce monde prenne conscience de ses limites. Qu'enfin, toutes les nations prennent la mesure de l'urgence du changement. Le vrai. La conférence de Doha a été, ne nous en cachons pas, un demi-échec, et des discussions remises aux calendes grecques. Cela est passé totalement inaperçu dans notre pays. Enjeu n°1 il y a 5 ans grâce à l'action de Nicolas HULOT, le véritable débat démocratique de 2007 a débouché sur le Grenelle de l'Environnement et de véritables efforts ont été faits au cours de cette législature pour améliorer la situation énergétique de la France. Aujourd'hui, si l'on en croit "Les Verts" et Eva Joly, le seul enjeu écologique dans ce pays, et dans le monde, serait l'arrêt du nucléaire. Espérant jouer sur les peurs, s'appuyant sur l'émotion légitime suscitée par Fukushima, les Verts confirment leur rôle de premier plan dans la décrédibilisation de l'écologie en France, et, plus grave, porteront au regard de l'histoire, une lourde part de responsabilité en cas d'échec de la transition énergétique dans notre pays.

Alors réveillons-nous, et soyons vigilants sur la question énergétique, sans se laisser emporter par des débats politiciens. Pensons au concret et souhaitons pour 2012, que le monde s'offre enfin un avenir durable. Que les pays occidentaux, sur-consommateurs apprennent la sobriété. Que les pays émergents, n'aient pas d'esprit de revanche sur nous et qu'ils ne commettent pas aujourd'hui, les erreurs du passé.

"J'ai beau aimer la politique, je lui préfère encore la démocratie."

Espérons que notre Europe trouve enfin la force politique d'harmoniser ses politiques. L'euro est en crise parce que nous n'avons pas su faire l'Europe autrement que par le commerce. L'Europe, ce doit être aussi une Europe démocratique qui demain pourra devenir une Europe sociale et fiscale. Une Europe plus forte pour peser sur ce monde qui est en train de changer.

Alors faisons de l'Europe notre grand projet commun, et construisons une économie française et européenne fortes et harmonieuses. Il faudra pour cela mettre un terme à la véritable politique de la terre brûlée menée depuis des décennies par nos gouvernants: celle qui consiste à user de la dette comme d'une source de revenus pour l'Etat. Il faudra trouver d'autres sources de financement sans pour autant alourdir encore le coût du travail qui pénalise tant nos entreprises que notre balance commerciale est déficitaire avec tous nos partenaires européens excepté la Grande-Bretagne, et la Grèce. La TVA Sociale fait partie de ces solutions. Espérons qu'elle ne subira pas le même sort que la Taxe Carbone, victime d'un système politique qui conduit des soit-disants responsables politiques à renier leurs propres idées sur la simple base qu'elles sont récupérées par d'autres et qu'elles sont impopulaires.

Espérons pour notre France, enfin, une véritable démocratie. J'ai beau aimer la politique, je lui préfère encore la démocratie. Et il est bien triste de voir quelle tournure est en train de prendre l'élection présidentielle. Celle qui, il faut le rappeler, est censée légitimer la politique de notre pays pour les cinq ans à venir. Celle qui malheureusement n'offre aux français que des invectives et des égos persuadés d'être les sauveurs de la France. Celle qui ne produit que des débats tronqués par la démagogie et la volonté absolue de ne pas déplaire pour conquérir le pouvoir.

Alors faisons de la 6ème République le socle d'une démocratie apaisée. Un socle où les pouvoirs exécutifs et législatifs échangent discutent, entrent en rapport de force, pourquoi pas? Mais qu'il n'existe plus de soumission de l'un à l'autre. Un socle où les gouvernants retrouvent légitimité et efficacité dans la conduite des réformes.  Où le peuple français retrouve l'expression de sa diversité politique et ne donne plus un chèque en blanc pour cinq ans à un seul homme, mais aussi à des députés qui représentent leurs idées, et à des sénateurs qui représentent les intérêts de leur territoire.

"C'est un monde nouveau qu'il faudra leur apprendre. Un monde sans doute moins facile, mais peut-être aussi plus profond, et plus serein"

Espérons alors que nos régions, et notre Languedoc-Roussillon retrouvent autre chose que des politiques de rente, de clientèlisme, qui s'affichent partout, mais que l'on ne voit nulle part. Que les majorités sorties des urnes ne soient plus le résultat de votes de protestations mais l'expression de notre adhésion à des projets d'avenir, ambitieux et cohérent pour notre territoire.

Alors faisons enfin fructifier les atouts de notre région: son attractivité, son climat, sa situation au carrefour de l'Europe et de la Méditerranée. Maintenons sa qualité de vie en réaffirmant des principes de bien-vivre collectifs, comme le respect et l'autorité. Donnons lui aussi une nouvelle vocation industrielle et énergétique en investissant massivement dans les énergies renouvelables,  en créant de nouvelles synergies entrepreunariales, et en développant nos structures de recherches et nos universités.

Espérons enfin, que chacun d'entre nous, prendra la mesure des défis qui nous attendent, et qui attendent surtout les générations à venir. C'est un monde nouveau qu'il faudra leur apprendre. Un monde sans doute moins facile, mais peut-être aussi plus profond, et plus serein. Le tout est de s'en sentir acteur et responsable.

Alors nous pourrons regarder l'avenir avec espoir, car comme le disait Antoine de Saint-Exupéry "Nul ne peut se sentir à la fois responsable et désespéré".

 

16:41 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0)

07/12/2011

Bayrou "l'ego-centriste"... marronnier quinquennal des journalistes!

bayrouEn annonçant aujourd'hui sa candidature, François BAYROU n'a pas créé la surprise. Il eut fallu pour cela, qu'il annonce autre chose qu'un discours ronflant, composé principalement d'imprécation, et d'auto-glorification.

A l'heure où Jean-Louis BORLOO s'interroge sur l'avenir du centre dans le système institutionnel, où Hervé MORIN cherche à incarner la sensibilité du centre droit historique, François BAYROU, l'homme dont l'autoritarisme et l'égo démentiel ont chassé tous les contradicteurs de son entourage pour ne laisser place qu'aux ultras fanatisés, peut-il encore représenter le centre? 

"Les valeurs du centre les plus discriminantes par rapport à la politique actuelle sont de l'ordre de la méthode, pas du fond de la politique menée."

Une chose est sûre, Jean-Louis BORLOO pose le débat comme il faut quand il place la question institutionnelle au coeur de la problématique centriste. Non pas seulement pour des raisons tactiques, mais aussi et avant tout parce que nos valeurs les plus "discriminantes" dans l'offre politique actuelle sont de l'ordre de la méthode, pas du fond de la politique menée.

On peut craindre que la crise n'ait projeté l'électorat français dans un nouveau registre binaire, en dehors de toute maîtrise politique. Le clivage le plus équilibré de la société française ne se situe plus sur l'axe droite/gauche, mais malheureusement, sur l'axe acceptation ou refus de la mondialisation (responsables contre révoltés, ou encore réformistes contre conservateurs pourrait-on presque dire...) Or, cette axe oppose d'un côté les tenants du repli, qu'il soit national et économique comme Marine LE PEN, ou social comme Jean-Luc MELENCHON; de l'autre côté: les tenants d'une politique européenne forte au premier rang desquels les centristes, dont les idées sont reprises en grande partie par Nicolas SARKOZY (Europe fédérale, orthodoxie budgétaire, libéralisme, responsabilité individuelle, réhabilitation de la valeur travail).

Le jeu est encore brouillé, mais sur le terrain, on sent bien que le véritable clivage est là: ceux qui sont encore prêts à faire des efforts, et ceux qui sont excédés. A tort ou à raison.

Le jeu est encore brouillé par le phénomène des candidats qui tentent de jouer sur tous les tableaux.

Le plus important d'entre eux reste François HOLLANDE. Il a - pour le moment - senti dans quel piège le conduirait des concessions à sa gauche. Il a pu le percevoir dès l'annonce des 60000 postes dans l'éducation nationale, et surtout lors de la polémique sur le nucléaire après l'accord PS/EELV. Par conséquent son axe principal ce n'est pas de changer de politique, mais surtout de changer de président en misant sur l'impopularité du Président sortant. L'anti-sarkozysme suffira peut-être à le faire élire, mais les lendemains seront très très durs!

Eva JOLY occupe un tout autre registre. Si Europe Ecologie version Nicolas HULOT et Daniel COHN BENDIT a toujours fait preuve de responsabilité, de véritable volonté de pédagogie sur la question énergétique, sur l'Europe, voire même sur la question de la dette et ont incarné ainsi un véritable courant de centre gauche, les primaires du mois de juillet dernier ont donné le sentiment  que les militants VERTS ont porté leur choix sur Eva JOLY pour contredire cette ligne "centriste". Depuis, au delà des thèmes gauchisants, le jeu des écologistes sur les peurs nées de Fukushima les font nettement pencher dans la balance du populisme de "repli".

Enfin, François BAYROU, "l'égo-centriste". Malgré son anti-sarkozysme de parade, le programme qu'il défend devrait le faire pencher naturellement dans le camp des réformistes. Il défend à peu de choses près le même projet que celui de 2007, qui est aussi celui des centristes de la majorité. Mais le diable se cache dans les détails, et nous en revenons là, à la question institutionnelle posée plus haut.

Un point d'histoire:

En 2006, l'UDF et ses 16% aux élections européennes est un parti plein d'avenir. Son groupe parlementaire, se situe clairement dans la majorité, compte un ministre dans le gouvernement, et essaie de peser autant que possible sur les choix gouvernementaux (un peu comme elle le fait aujourd'hui). Mais cela leur semble insuffisant.

"Ne sous-estimons pas la façon dont nos concitoyens savent produire des institutions qui répondent aux impératifs du monde dans lequel leur pays évolue. Dans son passé constitutionnel tumultueux, la France a prouvé qu'il s'agissait là d'un trait de son génie national"

Lors de leurs journées parlementaires de septembre 2006, ils lancent un appel pour une 6ème république. République au régime présidentiel assumé et assurant un véritable équilibre entre les pouvoirs, et permettant une représentation parlementaire élue pour partie à la proportionnelle garante de la diversité politique de notre pays.

Cette idée, ce n'est pas que de la tambouille politicienne. C'est aussi la garantie d'un changement radical dans la façon de faire de la politique dans ce pays. Produire des institutions qui favorisent le rassemblement, le consensus et l'émergence d'une politique opportune pour le pays, c'est cela qui ferait le génie français au XXIème siècle.

Le génie français, ce n'est pas, comme le croient tous ceux qui sont obsédés par leur destin personnel, la faculté à produire des hommes providentiels. Ces hommes n'avaient de providentiels que leur capacité à adapter les institutions de notre pays au monde dans lequel il évolue. De Gaulle et la Vème République répondaient à un impératif: sortir le pays de l'instabilité gouvernementale pour mener la décolonisation. Aujourd'hui, nous devons sortir le pays de ses divisions et mener une politique économique courageuse, à longs termes, et empreinte de justice sociale. Elle ne se fera que dans le consensus politique. Tel doit être le message des centristes.

Est-ce celui de François BAYROU? Certainement pas.

Monsieur "l'égo-centriste", ne parle que de lui. Quand il parle "Union Nationale", il ne la consent qu'autour de lui. Le changement institutionnel, il l'a balayé d'un revers de main au détour d'une conférence de presse de mars 2007. Alors à 22% dans les sondages, il se voyait élu, et ne voulait surtout  pas partager le pouvoir, ni remettre son élection durement acquise en jeu, un an après l'avoir gagnée.

"Bayrou est en passe de devenir un marronnier quinquennal pour les journalistes..."

Non, François BAYROU, est aujourd'hui dans la posture. Et en période présidentielle, il se régale de se voir si beau dans le miroir des médias dont il est en passe de devenir un marronnier quinquennal.

"Je me présente devant vous en homme libre avec un projet et une volonté pour notre peuple et pour notre pays.»

En homme libre. De la liberté facile des solitaires qui n'ont pas d'attaches. Prêt, au cas où, il serait élu, à asservir toute la classe politique qu'il méprise tant, en leur demandant de se rallier à son panache resté immaculé de toute "négociation".

Mais, on ne construit pas une majorité politique sur un homme... même sous la monarchie élective qui nous sert de Vème République... surtout en France, où l'on aime sacrer des rois pour mieux leur couper la tête quelques semaines après!

Dès les premières difficultés, dès le terme de l'état de grâce, Bayrou redeviendra un homme seul, isolé, plus que n'importe quel président ne l'aura jamais été... les ralliés de gauche, retourneront à gauche. Les ralliés de droite retourneront à droite. Ainsi va la vie de la Vème République et de son absurde suffrage majoritaire.

Bayrou est donc en train de ré-inventer un populisme-poujadiste d'extrême centre... une sorte de boulangisme en fait... Probablement comme une autre improbable figure de la Vème république, il ne veut pas réellement du pouvoir. Il commence d'ailleurs à lui emprunter certains de ses thèmes: rejet du système, UMPS, complot médiatique, et même maintenant "Achetez français" qui au passage, était le slogan du parti communistre français en 1946. Bayrou penche désormais bel et bien, et contre toute attente, dans le camps du REPLI et de la démagogie.

Il y a donc fort à parier qu'il ne pourra rien faire des voix qui se seront portées sur son nom. D'abord, parce qu'elles ne lui appartiennent pas, comme on l'a vu en 2007. Ensuite, parce qu'il casserait sans doute l'image qu'il s'est fait de lui même.


Il préfèrera sans doute une carrière de marronnier quinquennal de type Arlette Laguiller. C'est dommage. Mais nous devons prendre nos responsabilités et faire en sorte d'essayer de peser sur ce système. Repartir de zéro, et compter sur la volonté des français de changer un système dont ils voient quotidiennement l'absurdité.