Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

21/03/2011

Le centre doit (à nouveau) reprendre le combat d'une république plus démocratique

La cinquième république au bout du rouleau...

Si un enseignement principal est à tirer du premier tour de ces élections cantonales, c'est bien que notre démocratie se vide de son sens pour la grande majorité des français.

Niveau d'abstention record, percée des extrêmes, sentiment d'un clivage de plus en plus profond entre les français et leur classe politique, les indicateurs démocratiques sont au rouge quant à l'adhésion de nos concitoyens au système dominant.

Et pourtant, nulle voix pour s'interroger. Nulle voix pour apporter des réponses claires à la crise de la représentation politique française. Nulle voix pour porter un message différent dans cette course à l'échalote, et à la promesse vouée à décevoir, qu'est devenue l'élection présidentielle.

« il est insupportable de voir une part croissante de nos concitoyens non représentés à l'Assemblée Nationale »

L’élection présidentielle, pivot de notre démocratie, dont les médias raffolent pour ses histoires personnelles, pour ces "destins", qui transforment leurs analyses en chronique mondaine. Les français attendent eux, plus que jamais, de pouvoir exprimer leurs idées, et non plus signer un chèque en blanc à celui qui leur inspirera le plus de confiance... ou le moins de défiance.

En tant que démocrates, humanistes, adversaires infatigables de la démagogie, les centristes doivent reprendre le flambeau de la démocratie représentative porté si haut en 2007, mais abandonné en rase campagne par notre candidat. En 2012, il nous faudra, dans un contexte de plus en plus tendu, avoir le courage de porter l'idée, pourtant simple, qu'il est insupportable de voir une part croissante de nos concitoyens non représentés à l'Assemblée Nationale.

« En  imposant le silence au FN, on en a fait, de facto, un repère, pour une part croissante de nos concitoyens, qui eux aussi se sentent sans voix... »

Qui peut nier que la montée du FN doit une part non négligeable au baillon que le politiquement correct et le scrutin majoritaire leur a infligé? Dans ce silence, dans cette censure pourrait-on presque dire, le FN a pu incarner la protestation, sans rien faire, sans rien dire, sans avoir à argumenter. En leur imposant le silence, ils sont devenus, de facto, un repère, pour une part croissante de nos concitoyens, qui eux aussi se sentent sans voix...

De la même façon, on ne peut s'attendre à voir une opposition constructive et non démagogique dès lors qu'on la confine dans l'irresponsabilité puisque ses prises de positions apparaissent comme inutiles et surtout inconséquentes.

Un parti, et a fortiori, un seul individu, fût-il président de la République, ne peut plus aujourd'hui assumer les décisions difficiles qui lui incombent une fois au pouvoir, sans faire appel à un minimum de sens de la pédagogie de l'ensemble de la classe politique.

« Si on lui redonne sa liberté de parole, et de représentation, le peuple pourra à nouveau retrouver ce bon sens. »

C'est pourquoi nous devons à nouveau faire confiance à l'électorat, à son esprit mesuré, à son bon sens collectif, issu, comme l'analysait Adam SMITH, du bon sens de l'électeur devenu "spectateur impartial". Si on lui redonne sa liberté de parole, et de représentation, le peuple pourra à nouveau retrouver ce bon sens.

Pour cela, nous devons permettre à tous les français d'être représentés au sein de l'Assemblée Nationale en la faisant élire au scrutin proportionnel intégral sur l'ensemble du territoire national.

Une Assemblée au pouvoir renouvelé qui serait un véritable contre pouvoir à l'exécutif dans un régime présidentiel enfin assumé. Un véritable lieu de discussion où se formerait les arbitrages en cas de blocage du pays, ou d'opposition frontale entre deux blocs paraissant antagonistes.

"la garantie de l'écoute et du respect des opinions de chacun, la volonté de responsabiliser nos concitoyens plutôt que de leur demander un chèque en blanc pour cinq ans, voilà comment les centristes doivent porter la réforme de notre démocratie"

Un Parlement qui resterait ancré au coeur des territoires en faisant des Sénateurs des élus de terrain comme le sont aujourd'hui les députés, c'est à dire attachés au circonscription.

La liberté d'expression, la garantie de l'écoute et du respect des opinions de chacun, la volonté de responsabiliser nos concitoyens plutôt que de leur demander un chèque en blanc pour cinq ans, voilà comment les centristes doivent porter la réforme de notre démocratie, pour que demain, nos concitoyens puissent se rapprocher de leur classe politique. Pouvoir comprendre et être entendus, voilà ce qu’ils demandent.

19/10/2010

Midi Libre - Nouveau Centre : Julien Devèze devient Secrétaire National

 

photo midilibre.jpgJulien Devèze, le jeune délégué départemental du Nouveau Centre vient d'être promu secrétaire national par le président du mouvement centriste Hervé Morin.

Dans le cadre de la préparation du projet pour 2012, le Nîmois est chargé de réfléchir sur les questions institutionnelles.

Dîplomé de sciences politiques, ce spécialiste de droit constitutionnel considère d'ailleurs que « la bonne santé de la démocratie d'un pays dépend des institutions ».

 

D'ici l'été 2011, il doit faire des propositions aux siens sur la question du cumul des mandats, la prévention des conflits d'intérêts et le rééquilibrage des pouvoirs. Autant de suiets sur lesquels Julien Devèze n'est pas un néophyte.

Il vient de rédiger un rapport sur cette question pour la délégation aux collectivités territoriales du Sénat.

 

Sans entrer dans le détail des propositions qu'il fera à son parti d'ici un gros semestre, Julien Devèze a déjà son cadre : «Être centriste, c'est avoir la conviction que le choix  n'est pas entre la gauche et la droite et que les gens peuvent arriver à travailler ensemble. Mon but est que nos institutions permettent ce dialogue, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Le Parlement n'est plus le lieu de contre-pouvoir et du coup, c'est la rue qui prend le relais. »

 

Sur le cumul des mandats, a priori, Julien Devèze ne veut pas de révolution : «II est souhaitable de le limiter pour une exigence éthique mais ce n'est pas indispensable dans la Ve République telle qu’elle est.» II est en revanche prêt à légiférer pour « éviter la notion de carrière politique » et limiter la durée des mandats.

 

En fait, à titre personnel (mais il ne désespère pas de faire évoluer son parti), c'est la république qu'il souhaite voir évoluer. Favorable à une VIème république, il rêve d'un Parlement responsable et représentant exactement le corps électoral. «Il est dommage que la vie politique actuelle ne tourne qu'autour de l'élection présidentielle. On élit la "Nouvelle star" tous les cinq ans, on estdans un grand jeu de télé-réalité», regrette-t-il.

 

J-P. S. - Photo S.B

 

2010 10 19 Article JD photo.jpg

 

Midi Libre du mardi 19 octobre 2010.doc

14/06/2010

La reconnaissance d'autrui: valeur du centre, valeur de l'apaisement

Energie au Nouveau Centre.jpgLors du débat animé par Jean-Marie CAVADA et Philippe VIGIER sur les valeurs du centre, l'une d'entre elle, citée par l'institut de sondage qui avait interrogé les français se disant centristes sur leurs convictions, a particulièrement marqué Dominique REYNIE, professeur à Sciences Po.

Elle l'a particulièrement marquée car il la considérait comme un marqueur essentiel du centrisme: cette valeur, c'était celle de la reconnaissance d'autrui.

Reconnaître autrui d'un point de vue social, c'est lui marquer son respect, c'est aussi accepter ses différences... c'est tout simplement une valeur républicaine importante qui mérite d'être rappelée.

Mais à mon sens, au sens centriste, cette reconnaissance d'autrui va encore plus loin, notamment sur le plan politique.

Elle implique notamment la conviction que l'autre n'a pas forcément tort, et surtout, que l'on a pas forcément raison tout seul. Dit comme cela, ça n'a l'air de rien, mais cela implique en réalité une véritable révolution dans la manière de voir et de faire la politique. Cela implique une véritable volonté d'établir des ponts, des consensus, des compromis, qui ne sont pas des compromissions. Cela implique de mettre un terme à la toute puissance du "Un", du père de la nation, pour que ce dernier accepte de se délester un peu de la lourde charge qu'est la conduite des affaires de la nation, sur l'ensemble de la communauté nationale représentée et rassemblée.

Oui, nous avons les moyens de trouver des terrains d'entente, des solutions équilibrées; le tout est d'accepter la contradiction, le tout est d'accepter les français dans leur diversité politique. En serons-nous capables? C'est en tout cas au Nouveau Centre qu'il revient d'en promouvoir le modèle.