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11/02/2010

Georges FRECHE n'est pas le Languedoc-Roussillon

... et le Languedoc-Roussillon n'est pas Georges FRECHE!

Depuis quelques jours, le seigneur de la communication ESSAIE de nous faire croire qu'il est l'incarnation du Languedoc-Roussillon, le défenseur acharné des petites gens contre le jacobinisme et la bien-pensance des élites parisiennes! Bénéficiant du soutien bien involontaire des médias nationaux, de ses amis/ennemis socialistes, il joue la victime d'un complot qui ne lui serait pas destiné seulement ad hominem, mais plus généralement à tous les languedociens, qu'il représenterait courageusement!

Tout cela n'est qu'un nouvel exemple de son cynique machiavelisme!

Notre région c'est, avant tout, les hommes et les femmes qui y vivent et la font vivre!

D'abord, sa manie du "MOI, JE"! Comme si notre région ce n'était pas, avant tout, les hommes et les femmes qui y vivent et la font vivre! Toutes celles et tous ceux qu'il a méprisé, insulté, écrasé depuis sa tour d'ivoire du 9ème étage du Conseil Régional, il s'en prétend aujourd'hui leur représentant! Mais les a-t-il, seulement un instant, écouté? A-t-il seulement fait l'effort d'un semblant de concertation? La réponse est NON!  Son égo surdimensionné lui fait dire à longueur d'interview qu'IL a fait Montpellier ou le Languedoc-Roussillon (il mélange d'ailleurs allègrement les élections, laissant entendre qu'il a été ré-élu 5 fois... oui de Montpellier, pas de la Région). Mais ces réussites ne sont pas les siennes. Même celle de Montpellier est contestable... une ville qui a bénéficié du vent de l'histoire (popularisation de l'enseignement supérieur, laxisme et erreurs stratégiques des mairies communistes à Nîmes (cf: IBM)) doit-elle vraiment son succès à Port-Marianne?

Le Languedoc-Roussillon ce sont des chercheurs, des enseignants, des artisans, des chefs d'entreprises, des étudiants, des artistes, des élus locaux (la liste est loin d'être exhaustive) qui travaillent dans un contexte économique régional difficile, agravé par le doublement d'une fiscalité régionale, et n'ont jamais (ou si peu) vu l'action de la région  et ne connaissent pas les conseillers régionaux de la majorité aux abonnés absents, écrasés par l'autocratie présidentielle qui décide tout, tout seul. Ces gens-là méritent d'être aidés à la hauteur de leur engagement pour notre région, à la mesure de leur travail, et non en fonction de leur soutien à la cause frêchiste (et encore à la condition que leur "tronche revienne" au président de région).

Raymond COUDERC et la liste de la Majorité Présidentielle se rangent résolument à leurs côtés. C'est à leur rencontre que nous avons, au Nouveau Centre, comme à l'UMP, forgé et confronté nos visions, notre projet d'avenir pour cette région. Dans la profonde évolution que connait notre économie à l'heure actuelle, c'est ensemble que nous pourrons orienter notre avenir vers la réussite. Pour sortir notre région des dernières places en termes d'économie, d'emploi, et des premières en terme de concitoyens sous le seuil de pauvreté et de chômage, en particulier des jeunes.

Grâce à son sens de l'écoute, grâce au travail en profondeur que Raymond COUDER a fourni, c'est un grand rassemblement des forces vives de la région qu'il conduit aujourd'hui!

Grâce à la rigueur et au travail en profondeur que Raymond COUDERC a fourni pour forger sa vision de notre région, grâce également, à son sens de l'écoute, c'est un grand rassemblement des forces vives de la région que le Sénateur-Maire de Béziers conduit aujourd'hui. Il a pu apprécier le travail et les propositions du Nouveau Centre, et nous avons su trouver un terrain d'entente sur les thèmes qui nous tenaient à coeur pour lancer le Languedoc-Roussillon dans l'avenir.

Face à l'autocratie d'un homme qui voudrait prendre en otage notre région pour régler ses comptes avec ses anciens amis, Raymond COUDERC et ses co-listiers de l'UMP, du Nouveau Centre, du MPF, du Parti Radical, de la Gauche Moderne,  de Chasse Pêche Nature et Traditions proposent un projet au bénéfice de tous.

Des jeunes d'abord, qu'il est insupportable de voir si nombreux quitter la région pour trouver du travail. Il faut créer les structures qui mettront en adéquation la formation et le besoin des entreprises qui dans certains secteurs, c'est un comble dans une région où le chômage des jeunes bat des records, peinent à trouver main d'oeuvre.

Des entrepreneurs ensuite: la région devrait être, par excellence, la collectivité de l'investissement et de l'aide aux entreprises. Pourtant, depuis 2004, et malgré le doublement de nos impôts, l'augmentation de 170 millions d'€ de la dette, la part du fonctionnement a dépassé celle de l'investissement. Et dans cet investissement, les réserves foncières réalisées (1300 hectares) pour les parcs d'activité sont restées inoccupées... celles de La Grand Combe viennent même d'être classées en zone inondable!!!

Des agriculteurs qui voient chaque année leurs revenus diminuer. Georges FRECHE a repris leur idée d'une marque ombrelle "SUD DE FRANCE" pour la galvauder et la confier à n'importe quel produit, dès lors que le conditionnement est réalisé en Languedoc-Roussillon. Jusqu'où ira-t-on? Demain des pêches espagnoles seront estampillées sud de France? Il faut aujourd'hui aider les agriculteurs à mieux vendre leurs produits en favorisant leur développement commercial, réduire la longueur des filières et les défendre face à l'oligopole de la grande distribution.

De nos secteurs d'excellence, notamment notre recherche, en particulier sur les énergies renouvelables qui seront, demain, le fer de lance de notre politique énergétique, et la voie vers le rayonnement (sans jeu de mot) de notre région sur l'ensemble du bassin méditerranéen grâce à une implication forte dans le plan solaire méditerranéen.

De notre culture, qui doit bénéficier, à la fois d'évènements d'envergure continentale pour développer son attractivité, mais aussi au quotidien de nouveaux partenariats entre le monde des arts vivants et notre secteur touristique, pour un ticket "gagnant-gagnant" entre économie d'un côté et développement solidaire de l'autre.

Si l'actuel Président de Région veut mener le combat de la région contre l'Etat, notre combat sera celui du rassemblement des languedociens contre l'arbitraire d'un homme!

De tous les languedociens enfin, qui réalisent bien que leur réussite ne peut-être que collective, qu'elle dépend d'eux et pas de la seule volonté d'un homme... surtout quand celui-ci n'a pas de projet à proposer, si ce n'est entériner l'existant et faire des promesses démagogiques.

Autant de raisons qui me poussent à la révolte, comme de nombreux languedociens, qui en ont assez d'être pris pour des... et qui se demandent bien quel sort leur sera réservé si l'ogre de Septimanie devait retrouver sa tanière...

ALORS RESSAISISSONS NOUS DE NOTRE REGION!  LE LANGUEDOC-ROUSSILLON N'APPARTIENT A PERSONNE, MAIS EST LE BIEN DE TOUS SES CITOYENS!

15/01/2010

Le Nouveau centre s'engage aux côtés de Raymond Couderc

Conf de presse 1.jpgLors d’une conférence de presse à la permanence de campagne de la Majorité Présidentielle à Montpellier, Yvan LACHAUD, Secrétaire Général du Nouveau Centre, Julien DEVEZE, Chef de file du parti centriste pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon, et les chefs de file départementaux (Annabelle BRUNET pour les P.O - Jean-Jacques PONS pour l'Hérault - Viviane MENNESSON pour l'Aude) du Nouveau Centre pour les élections régionales ont fait part de leur soutien à Raymond COUDERC.

 

Yvan LACHAUD a resitué le contexte national de l’accord UMP-NOUVEAU CENTRE et a évoqué sa déclinaison régionale qui porte sur les hommes comme sur les projets. Il a rappelé que les élections européennes et les municipales à Perpignan avait montré l’efficacité de la stratégie d’union de la majorité présidentielle, et qu’en matière électorale « 2+2=5 ».

 

Julien DEVEZE, 32 ans, coordonnateur du projet Nouveau Centre, a présenté pour sa part les grandes orientations que les centristes comptaient défendre dans cette campagne. En l’occurrence, la réponse aux défis que pose l’avenir dans notre région, et en premier lieu celui du développement durable et de la précarité énergétique. Il a, par ailleurs, fustigé « une politique régionale qui s’affiche partout, mais que l’on ne voit nulle part ». Tout le contraire de la philosophie de Raymond COUDERC, qui selon le jeune gardois a un style fait d’humilité, d’ouverture d’esprit et de responsabilité. « Je suis fier de faire partie de son équipe » a-t-il déclaré en conclusion de son intervention. Il sera le troisième homme de la campagne gardoise derrière Eddy VALADIER et Christophe RIVENQ et sera accompagné d’Hélène ALLIEZ-YANNICOPOULOS, Adjointe au Maire de Nîmes en charge du Développement Durable qui elle sera en 6ème position.

 

Déclaration de Julien DEVEZE lors de la conférence de presse:

 

 

representants dptaux 2.jpg"Je voudrais tout d’abord remercier Yvan LACHAUD et Raymond COUDERC, car c’est une chance quand on est jeune d’avoir l’occasion d’exprimer ses idées en totale liberté comme ils m’ont tous deux permis de le faire. Ils ont tous deux une grande ouverture d’esprit, un sens aigu des enjeux de l’avenir, mais aussi et surtout un esprit de responsabilité remarquable.

 

Cet esprit de responsabilité qui a dicté, il y a bientôt 15 ans, mon engagement à l’UDF.

 

Cet esprit de responsabilité qui s’oppose coûte que coûte aux discours faciles, aux promesses de campagne que l’on sait pertinemment ne pas pouvoir tenir, en un mot à la démagogie.

 

Cet esprit de responsabilité, qui au contraire, fait face aux problèmes, les voit d’un œil objectif et non partisan, et participe à leur résolution.

 

 Cet esprit de responsabilité qui a guidé, depuis le mois de juillet dernier, notre réflexion sur ce que nous pouvons et devons faire pour permettre à notre région de relever les défis qui se posent à elle.

 

Parmi ces défis, celui de l’adaptation de notre économie aux contraintes énergétiques est certainement un des plus importants. Il appelle les mêmes réponses que l’exigence du développement durable. Et si le Nouveau Centre s’est emparé de cette question c’est parce qu’elle implique ce qui fait depuis toujours nos valeurs : responsabilité individuelle, humanisme, préoccupations sociales, et vision à long terme.

 

La région doit prendre toute sa part dans ce combat contre la précarité énergétique : elle est responsable de la formation professionnelle… or, les artisans vous diront qu’ils souffrent cruellement d’un manque de main d’œuvre qualifiée dans les éco-constructions ! Avec un taux de chômage comme le nôtre, c’est plutôt dommage. Elle est responsable du développement économique… or, nous devons importer massivement tous les éco-matériaux d’Allemagne et des pays scandinaves… qu’attend-on pour développer cette filière…

 

Il ne s’agit là que de deux points, mais les exemples sont nombreux pour illustrer l’impréparation de la région face à l’avenir… un avenir qui frappe dès aujourd’hui à nos portes. TER, énergies renouvelables, logement étudiant et logement social, sont encore de nombreux secteurs dans lesquels l’impéritie de la région est frappant.

 

Alors je parlais en préambule d’esprit de responsabilité… et bien je peux vous dire que c’est bien ce qui manque aujourd’hui à la tête de la Région. Quand on préfère dépenser des millions sur la communication pour faire croire qu’on a un bon bilan, plutôt que d’investir là où ça ne se voit pas, mais là où c’est utile, je dis que c’est une politique d’un autre âge dont on ne peut plus se payer le luxe. Notre région mérite mieux qu’une politique qui s’affiche partout mais qu’on ne voit nulle part.

 

Alors parce que l’union est le plus sur moyen pour nous mener à la victoire, et parce c’est avec quelqu’un comme Raymond COUDERC que nous pourrons préparer l’avenir… je suis heureux et fier de me mettre à son service dans ces élections régionales."

19/11/2009

L'identité nationale peut nous aider à répondre collectivement aux défis de l'avenir

A l'heure où le gouvernement a décidé de lancer une grande consultation sur l'identité nationale, pour permettre d'arriver à définir les valeurs, ou les caractéristiques, qui fondent le fait d'être français, la « qualification sans gloire » de l'équipe de France éclaire dans un jeu d'ombre clair obscur le problème qui se pose aux français quand on leur demande ce que cela représente pour eux.

 Si la question est ainsi posée, c'est qu'à l'heure de la mondialisation, de l'émergence d'une certaine forme de communautarisme, la réponse est loin d'être évidente, tant il semble difficile de se « sentir français » au quotidien.

Dans ce contexte, les conceptions « subjectives » (le vouloir-vivre ensemble d'Ernest Renan) et « objectives » (les déterminants linguistiques, et physiques de la conception allemande) de la nation semblent hors d'âge. La première, car elle ne répond plus aux questions posées par les communautés ; la deuxième, car elle ne répond pas aux questions des sociétés multiculturelles dans lesquelles nous vivons !

 Nos sociétés ont de plus en plus tendance à se comporter comme une collection d'individus, qui ont une approche souvent utilitariste du groupe dans lequel ils évoluent. Il importe donc de repenser l'identité nationale dans ce qu'elle peut constituer pour le français du XXIème siècle.

 « L'individu se construit en permanence dans une confrontation entre la volonté de s'intégrer au groupe, et la volonté de s'en distinguer... »

 Or, l'individu se construit en permanence dans une confrontation entre la volonté de s'intégrer au groupe, et la volonté de s'en distinguer... comme une tension innée entre le désir de sécurité et celui de liberté. Et dans nos sociétés pacifiées et régulées, l'instinct de survie n'est pas celui qui s'exprime avec le plus d'évidence...

 Par nature, l'identité, c'est la conjugaison d'un certain nombre d'éléments de reconnaissance d'un individu ou d'un groupe. Ces éléments sont ceux qui distinguent de l'autre, ce sont des éléments discriminants.

 Il ne sera, en conséquence, pas difficile à un français de se sentir comme tel à l'étranger. Il pourra constater immédiatement ce qui le différencie de son environnement, et le fera d'ailleurs bien plus naturellement que de constater ce qui le rapproche de ceux qui l'entourent.

 Mais dès lors, comment se sentir français en France ?

 Si le principe de subsidiarité se déclinera facilement selon cette logique (je me sens européen dans le monde ; français en Europe, Languedocien en France, Gardois en Languedoc et Nîmois dans le Gard... certains iront même jusqu'à évoquer leur quartier à Nîmes...) on pourrait en penser que la notion d'identité serait finalement réservée aux minorités.

 Des minorités qui, en France, créent des identités nationales de substitution, en fonction de leur origine. Dans les rencontres sportives, c'est très clair, d'aucuns hésitent entre leur équipe nationale, et l'équipe du pays d'origine de leurs parents, dont ils peuvent revendiquer l'appartenance et se distinguer de la majorité, sans pour autant s'isoler.

Cela peut prendre des formes extrêmes comme pour le match France-Algérie au cours duquel la Marseillaise a été sifflée.

Au-delà, du simple principe de différenciation, c'est à travers ce genre d'exemple que l'on voit bien que l'image de la France elle-même ne fait plus l'unanimité au sein de son peuple.

« Dans un pays à forte tradition centralisée,[...] la confrontation des idées se cristallise autour du pouvoir national, [...]et les éléments d'identité se noient sous les particularismes communautaires, politiques, ou catégoriels. »

 Car, de la myriade d'identités, par lesquelles se construit l'individu (on parle de « tribu », ces groupes qui figent une identité autour d'une mode culturelle où d'un art de vivre), la nation est sans doute en France, celle qui a le plus de mal à porter, aujourd'hui des valeurs rassembleuses.

 La faculté française à se morceler plutôt qu'à se rassembler, sa culture latine de la confrontation plutôt que celle, anglo-saxonne, de la négociation (cf Pierre BIRNBAUM «  Sur l'Individualisme ») a fait de la riche Histoire des idées en France un puzzle où chaque courant vient y trouver ses références, comme ses motifs d'indignation.

 Notre esprit critique obscurcit bien souvent les faces lumineuses de ceux qui auraient pu être nos héros nationaux. Et pour ceux qui restent, la récupération politique achève de priver notre histoire d'une cohérence globale. Entre repentance, et constat d'échec, les français semblent hésiter à être fiers de leur pays... sans patriotisme outrancier, nos motifs de fierté dans l'histoire et notre modèle social actuel, sont pourtant au moins aussi nombreux que nos pages sombres et les failles de nos systèmes.

 Comme l'avait prédit Tocqueville, c'est en fait logique, dans un pays à forte tradition centralisée, comme l'est la France, au sein duquel la démocratie, c'est-à-dire la confrontation des idées, se cristallise autour du pouvoir central, et que finalement, les éléments d'identité se noient sous les particularismes communautaires, politiques ou catégoriels.

 « L'Etat, au centre du débat, est devenu un arbitre des revendications de groupe. Mais qui se passionne pour l'arbitre ? »

 Impartial comme il prétend l'être, l'Etat n'a plus de projet, et la nation qu'il dirige en cherche en se divisant. Elle se prend au piège du jeu démocratique : la France semble coupée, a minima,  en deux (droite et gauche), et irréconciliable. Nous sommes là au cœur des dérives démocratiques pressenties par Tocqueville : un Etat sur-protecteur face à des individus isolés, qui finalement arrivent au délitement du lien social par le jeu du chacun pour soi et l'Etat pour tous.

 Finalement, cet Etat-Nation, impartial et rassembleur au plus petit dénominateur commun, doit-il encore se prévaloir d'une identité ?

 Indubitablement oui, car de l'identité à un projet commun, découle la citoyenneté. Indubitablement oui, car, pour sortir l'individu de son isolement nous devons lui permettre de s'intéresser à nouveau au destin partagé.

Indubitablement oui, car c'est de l'adhésion à une identité commune que la solidarité des individus entre eux dépend.

 La notion d'identité européenne peut nous aider dans ce cheminement. Car, nombreux sont ceux qui préfèreront parler d'identité européenne à l'identité nationale française. A ce constat plusieurs raisons : L'Europe, est en soi, un projet politique, qui, parce qu'elle ne fait justement pas l'unanimité, suscite une adhésion identitaire de nombreux citoyens. Nous sommes là dans la logique de distinction des groupes. Mais au-delà de cela, elle offre à la question de l'identité française une problématique culturelle, plus qu'historique que nous ne développons pas assez. Braudel disait que l'Europe c'était la conjugaison des influences grecques, romaines et chrétiennes ; celle qui avait produit un modèle de questionnement source de la culture la plus brillante et la plus variée qui soit : des philosophes grecs aux écrivains russes en passant par le rationalisme des Lumières et le Romantisme, ce patrimoine culturel a façonné l'histoire du monde et sa propre relativité.

 La culture française y a toute sa place et nous pouvons en être fiers.  L'identité française est une part de l'identité européenne, mais cette dernière nous rappelle qu'il faut un projet pour la porter.

 « La notion d'identité européenne peut nous aider à répondre à la question de l'identité française car elle a su faire de son Histoire un projet »

 Une démocratie de projet, responsable et non catégorielle, basée sur des valeurs plus que sur des intérêts particulier, voilà ce que notre pays doit re-construire aujourd'hui.

 Il importe, à l'heure de la réforme des collectivités territoriales d'insuffler un nouvel élan démocratique dans les principes de la décentralisation. Ne pas laisser le monopole du jeu politique à l'Etat fédéral, est la condition que Tocqueville décrivait pour permettre aux citoyens des Etats-Unis de continuer à croire à leur projet commun. Le projet français reprendra corps quand les citoyens auront pu se tourner vers leurs affaires locales comme ils le font pour leurs affaires nationales.

 Ces affaires nationales qui devront également sortir du tandem infernal produit par nos institutions entre, d'un côté, des confrontations fortes sur la forme, qui débouchent, d'un autre côté, sur un consensus mou sur le fond. Nous avons à présent besoin du contraire : des débats sereins et constructifs pour aboutir à des projets communs forts et qui rassembleront les français en dehors de leurs intérêts catégoriels. Sans doute les contraintes énergétiques qui pèseront sur notre économie et notre mode de vie pourront constituer le défi nécessaire à l'établissement d'un projet commun responsable. C'est en tout cas une nécessité pour le relever.

 Si nous parvenons à cela, peut-être, pourrons nous vivre dans une société où les individus seront un peu plus tournés les uns vers les autres que vers eux-mêmes. La tâche éducative essentielle dans la construction d'une identité commune qui permettrait de reconstituer du lien social entre français n'en serait que plus facile.

 Cette tâche éducative qui verra l'Histoire de notre pays enseignée sous un œil critique certes, mais pas accusateur.

Cette tâche éducative qui permettra aux individus d'être fiers de Descartes comme de Tristan Tzara, de Jeanne d'Arc comme de Guy Moquet, et de Jean Monnet comme de De Gaulle. C'est la culture des individus qui les sortira d'une fierté identitaire étroite pour leur permettre de s'ouvrir à ce qui fait l'originalité de notre modèle de questionnement, qui s'étend de Socrate à Dostoievski en passant par Goethe.

 A l'heure où les défis sont de l'ordre planétaire, si nous parvenons à « positiver » l'énergie des identités nationales au lieu d'en faire des éléments d'opposition entre les peuples, elles  pourront constituer un des moteurs de la mobilisation des peuples pour assurer leur avenir commun.