Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

29/07/2010

Défendre la corrida, pour que le fond reprenne le pouvoir sur la forme...

ponce.jpgSaviez-vous que l’expression « une hirondelle ne fait pas le printemps » est d’Aristote. Le célèbre philosophe illustrait en effet ainsi son véritable propos : « un seul acte moral ne fait pas la vertu.»
 
De la même manière, le vote de la Generalitat Catalunya ne fera pas le printemps des anti-taurins. Ces derniers se voilent la face en y voyant le signe d’un mouvement massif, alors qu’il n’est que le fruit d’une alliance de circonstance avec les séparatistes trop heureux de voir dans ce vote l’occasion de porter un coup au pouvoir madrilène alors qu'ils considèrent la tauromachie comme un de ses symboles.
 
Cependant, s’il n’y a pas lieu de s’alarmer pour l’existence de la corrida en France, l’exigence démocratique doit nous conduire à nous méfier de cette dérive qui conduit notre société à plonger dans l’indifférence et l’uniformisation ; dans une sorte d’empathie (souffrir à la place de -en l'occurence du taureau) confortable au détriment d’un sympathie (souffrir avec - en l'occurence des autres humains) engagée…
 
Une exigence démocratique qui doit nous imposer de ne pas rester dans la procédure et le fait majoritaire au risque de sombrer chaque jour un peu plus dans la démagogie et la déresponsabilisation.
 

"Aristote avait déjà distingué, en matière d’éthique, la démarche déontologique qui s’attache à la « moralité intrinsèque » des actes, de la démarche téléologique, qui met l’accent sur leur finalité et leurs conséquences…"

Car si Alexis de Tocqueville critique avec une remarquable justesse le fait majoritaire rousseauiste, Aristote avait déjà distingué, en matière d’éthique, la démarche déontologique qui s’attache à la « moralité intrinsèque » des actes, de la démarche téléologique, qui met l’accent sur leur finalité et leurs conséquences…

Tout cela peut paraître bien éloigné de la corrida, mais la replace, au contraire, au centre du débat sur « l’esprit du temps ».
 
Les anti-taurins reflètent une époque où seule compte la procédure. Rejetant tout argument relatif aux rapports complexes qui régissent la relation « homme-animal » dans le milieu tauromachique, ils se contentent de constater des faits – nous pourrions même aller jusqu’à dire, des images, tant leur vision de la corrida est erronée. Ce qu’ils n’acceptent pas, ce n’est pas tant la « souffrance animale » qu’ils acceptent dans les élevages hors sol , c’est la vision de l’homme que l’aficionado leur donne qui les dérange. Ils prennent ce dernier pour une brute sanguinaire assoiffée de violence… alors que tous ceux qui auront déjà vu une corrida et rencontré un aficionado sauront que c’est généralement, tout l’inverse qui les caractérise. Il sont en effet en recherche d'un esthétisme, de la grâce, de la poésie, et d’une relation forte entre l’homme et la nature. Mais cela, les anti-taurins ne veulent pas le voir, ils ne veulent que leur vision uniforme de l’homme aseptisée et bien pensante. 
 
"N'y a-t-il d’ailleurs pas une certaine ironie à voir des associations se battre contre l'accès des mineurs à la corrida, art promouvant le courage, le respect et le dépassement de soi, et personne pour réagir contre la "propagation" à 18h, de Secret Story, sponsorisée par des préservatifs et des sites de rencontres hot, qui exhibe en permanence ragots, et coups fourrés de candidats aussi vils les uns que les autres...?"

Et c’est bien cela qui doit nous inquiéter ! Car cette vision de l’homme n’en est pas moins totalisante, et s’applique de façon insidieuse à bien des aspects de notre vie quotidienne. Une vision de l'homme dont la "morale" n'est guidée que par des actes simples: ne pas fumer; boire avec modération; manger moins gras, moins salé, moins sucré; mettre sa ceinture de sécurité; consommer; donner au téléthon - autant d'actes que nous devons accumuler pour répondre à une contrainte morale purement procédurale... à l'extrême de cette logique, l'hypocrisie poussée à outrance sur la question de l'euthanasie, et la distinction entre euthanasie passive et active et dérsesponsabilise le médecin et le patient. Alors hâtons nous de nous méfier du fait majoritaire et de la judiciarisation procédurière qui nous entraînent chaque jour un peu plus vers le délitement de toutes les structures intermédiaires entre l’Etat et l’individu que sont les traditions, les associations, la famille.
 
N'y a-t-il d’ailleurs pas une certaine ironie à voir des associations se battre contre l'accès des mineurs à la corrida, art promouvant le courage, le respect et le dépassement de soi, et personne pour réagir contre la "propagation" à 18h, de Secret Story, sponsorisée par des préservatifs et des sites de rencontres hot, qui exhibe en permanence ragots, et coups fourrés de candidats aussi vils les uns que les autres...?
 
Pour ma part, j’estime que l’exemple donné à notre jeunesse par ces jeunes gens est largement plus nocif que la vue du sang d’un taureau tombé noblement dans l’arène. Mais ce sentiment semble de moins en moins partagé car ce qui importe aujourd’hui, comme l’anticipait dès les années 60 Edgar Morin dans « L’esprit du temps »,  ce n’est pas le dépassement de soi, l’abnégation, et le travail esthétique, mais uniquement le paraître de l’individu face à la masse et le culte hédoniste du « moi » et sa totale déresponsabilisation…
 
C’est sans doute là que se cache la véritable barbarie moderne, comme « Eichmann à Jérusalem », sans méchanceté, dans la froideur de la procédure et de la machinerie bureaucratique (ou consumériste, pour ce qui est du libéralisme), du nihilisme, et de l’inconscience… dans la banalité du Mal !
 
Alors, à toutes les personnes amorphes qui se disent vaguement anti-corrida, dont la passivité et l’ignorance sont exploitées par les quelques tartuffes activistes totalitaires de la cause animale, relisez Aristote, et souvenez vous, comme lui « qu’en toutes choses, c’est la fin qui est essentielle… »

24/10/2009

Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent le plus haut...

photo Manifestation Anem'Oc à Carcassonne.jpg

... ainsi parlait Frédéric MISTRAL, illustrant l'importance qu'une région doit attacher à ses racines pour savoir qui elle est, d'où elle vient, et où elle va. En nos terres languedociennes, provençales, camarguaises, catalanes, roussillonnaises, cela est d'autant plus vrai, que c'est toute l'identité et l'esprit de notre région qui est insufflé par les valeurs et les traditions de nos territoires.

Terre de résistance, terre de révolte, notre région ne saurait accepter une culture jacobine centralisatrice telle que la conçoive parfois nos édiles parisiens. Les élus centristes empreints d'un humanisme et d'une foi inébranlable en la capacité des hommes à s'administrer eux-mêmes ont toujours porté le message fort de la décentralisation. Ils ont également défendu ardemment, le principe de la reconnaissance des langues régionales comme patrimoine de la République et son inscription dans l'article 75-1 de la Constitution.

Au quotidien, dans les collectivités locales, ils n'ont de cesse de défendre la liberté de l'enseignement bilingue, notamment au sein des Calandretas; mais également toutes nos traditions qui font vivre notre identité et permettent à ceux qui, nombreux, arrivent en Languedoc-Roussillon en provenance d'autres régions, et trouvent ainsi un terrain favorable d'intégration.

Nos cultures régionales ne doivent donc pas être traitées par le mépris, mais au contraire, par un respect et un volontarisme fort quant à sa pratique.

C'est pourquoi, avec de nombreux élus du Nouveau Centre, comme Jean-Marc AMBROSINO, Délégué Départemental de l'Aude et Premier Adjoint de Port-la-Nouvelle, ou encore Annabelle BRUNET, Vice-Présidente de l'agglomération de Perpignan et déléguée départementale des Pyrénées Orientales, je tenais à être présent samedi 24 octobre pour manifester notre soutien aux langues régionales à Carcassonne.