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24/02/2012

Pourquoi j'ai co-signé la motion d'Hervé MORIN... et pourquoi je soutiens Nicolas SARKOZY

Samedi 25 février, le Nouveau Centre tiendra un congrès pour choisir sa ligne lors des prochaines échéances électorales. J'ai choisi de soutenir et de co-signer la motion d'Hervé MORIN pour sa clarté, et son ambition.

Pour sa clarté, car elle appelle sans ambiguité à soutenir Nicolas SARKOZY.

Pour son ambition, car elle est une véritable feuille de route pour le centre droit au sein de la majorité présidentielle.


Pour moi, soutenir Nicolas SARKOZY est une évidence. Loin de l'immobilisme de ses prédecesseurs, Nicolas SARKOZY a été porté au pouvoir par la volonté de réforme qu'a exprimé notre pays en 2007. Cette volonté s'était incarnée, dès le premier tour, dans les votes UMP et UDF, et il y a donné corps durant ses cinq années de mandat.

Avec lui, des réformes attendues depuis des décennies ont enfin vu le jour.

Nous avons mené la réforme de l'Etat (RGPP) et celles des collectivités territoriales pour mettre fin au mille feuille administratif; celle des régimes spéciaux de retraites que Chirac avait abadonnée en rase campagne, puis celle des retraites dans leur ensemble. Le grenelle de l'environnement a marqué l'acte I de la transition écologique, et il s'en est fallu d'une décision politicienne du Conseil constitutionnel pour empêcher la réforme de notre fiscalité vers une fiscalité verte.

"Nicolas SARKOZY a été porté au pouvoir par la volonté de réforme qu'a exprimé notre pays en 2007, et il y a donné corps durant ses cinq années de mandat."

Plus récemment, Hervé MORIN a été entendu par Nicolas SARKOZY sur la mise en place d'une TVA Emploi qui permettra, là encore, à notre fiscalité, de ne plus porter uniquement sur le travail, mais aussi sur la consommation et les produits importés.

Le groupe Nouveau Centre, présidé par Yvan LACHAUD, a, quant à lui été entendu sur la répartition juste et équitable des efforts fiscaux, et l'inscription de la règle d'or, interdisant les déficits de fonctionnement dans le budget de l'Etat qui fait peser le poids de notre irresponsabilité sur les générations futures.

Enfin et surtout, en tant que Secrétaire national en charge des questions institutionnelles, je n'oublie pas que Nicolas SARKOZY a été un vrai modernisateur de la Vème République. 

La réforme constitutionnelle de 2008, inspirée par les élus du Nouveau Centre a favorisé l'indépendance du Parlement, mais aussi la démocratie et le pouvoir de contrôle de l'Assemblée nationale en confiant la commission des finances à un député de l'opposition, et en redonnant aux députés la maîtrise, même partielle, de leur ordre du jour. Ce sont des signes importants à l'égard du centre droit pour un homme, libéral dans le fond, mais issu du bonapartisme gaulliste dont il a conservé la forme d'exercice du pouvoir.

Aujourd'hui il promet de faire élire une partie des députés avec le mode de scrutin proportionnel qui garantira la représentation de toutes la diversité politique de notre pays.

Evidemment, tout cela ne va pas aussi loin que nous le souhaiterions. Cette réforme ne changera pas la nature de nos institutions, et encore moins le jeu politique actuel, qui rend difficile l'émergence d'un consensus politique sur les réformes.

Certes. Mais peut-être avons nous été trop frileux dans notre projet institutionnel pour en demander beaucoup plus?

Non nous ne sommes pas d'accord sur tout... et pour cause si Nicolas Sarkozy était centriste, cela se saurait. Mais le sens de la responsabilité envers nos concitoyens, envers les générations futures, la nécessité de faire en sorte que notre pays conserve le cap des réformes doit surpasser nos divergences sur certaines questions de société. Après tout l'UDF et le RPR avait bien des inspirations philosophiques fort différentes. Cela ne les a jamais empêchés de gouverner ensemble pour faire barrage à la démagogie et à la gabegie qui sont trop souvent le lot des opposants systématiques avides de pouvoir.

"Ceux qui ont connu François BAYROU, ceux qui ont mené sa campagne en 2007, bref, ceux qui ont déjà donné savent combien il a trahi le centre, en le confondant, en le confinant à sa propre personne." 

Surtout, au lieu de nous interroger sur Nicolas SARKOZY, qui n'a jamais prétendu être centriste, ne devrions nous pas tirer des décisions définitives à l'égard de François BAYROU?

Celui qui, dans son intérêt personnel, et au gré de stratégies fluctuantes, a gâché le pouvoir d'influence qui aurait du revenir au centre après le premier tour de la dernière présidentielle.

Ceux qui l'ont connu, ceux qui ont mené sa campagne en 2007, bref, ceux qui ont déjà donné savent combien il a trahi le centre, en le confondant, en le confinant à sa propre personne. Comment, dès lors, concevoir que certains puissent appeler à voter pour François Bayrou?

Pour quelles raisons devrions nous à nouveau lui faire confiance? Son évolution personnelle correspond-elle à nos valeurs?  Ses déclarations euro-sceptiques, populistes, voire pseudo-nationalistes ne devraient-elles pas nous interroger sur la nature centriste de François Bayrou? Où est son programme, quelles sont ses propositions? On ne les entend que peu, quand notre mouvement et Hervé Morin les ont clairement énoncées et portées avec courage, et ténacité, comme par exemple la TVA Emploi, aujourd'hui reprise par Sarkozy.

"Nous ne tarderons pas à voir que Bayrou et le Modem nous ont traité de traîtres comme Staline le faisait de Trotsky."

Bayrou dit au Nouveau Centre que "rallier Sarko dès le premier tour c'est être voué à disparaître définitivement..."  Cela faisait pourtant longtemps qu'il nous avait enterré... nous traitant de traîtres comme Staline le faisait de Trotsky.

Mais le bilan cité plus haut est aussi le nôtre. Quel est celui du Modem et de François Bayrou? Quelle a été pendant cinq ans son utilité pour les français? Sans nul doute aurions nous gagné à rester unis dans la majorité présidentielle, pour imposer notamment des changements institutionnels plus importants, qui aurait donné plus de poids au centre. S'il avait été un responsable de parti, et non un éternel candidat à la présidentielle, c'est bien cela qu'il aurait du faire.

"Quel courant d'idée, si ce n'est le nôtre, est capable de refuser ce mythe de l'homme providentiel, qui plait tant aux médias mais déçoit si systématiquement les français? "

Le Nouveau Centre est né du refus de cette prise d'otage, et de la volonté de faire vivre les idées qui sont les nôtres autour d'un positionnement de centre-droit inhérent au centrisme dans notre pays, même avant la Vème République.

Le Nouveau Centre est né de la volonté de ne plus nous laisser mener par les batailles d'égo, non seulement destructrices, mais aussi contraires à nos convictions les plus profondes. Quel courant d'idée, si ce n'est le nôtre, est capable de refuser ce mythe de l'homme providentiel, qui plait tant aux médias mais déçoit si systématiquement les français? 

Le Nouveau Centre, à la veille d'un scrutin crucial pour l'avenir de notre pays, a le devoir d'être cette voix, objective, constructive, loyale, mais aussi sûre de ses convictions, de ses valeurs, et de la force de ses propositions.

"L'avenir du centre ce n'est pas de rejeter droite et gauche dos à dos, mais de créer les conditions de leur dialogue."

L'avenir du centre dépendra de notre capacité à convaincre à nouveau les français que deux France ne sont pas irréconciliables. Que la troisième voix, n'est pas une impasse où l'union nationale ne serait qu'au service d'un homme que l'orgueil rend incapable de partager le pouvoir.

L'avenir du centre, ce n'est pas d'exister pour exister, pour ne pas disparaître, ou pour proposer à nos compatriotes un vote contestataire. L'avenir du centre, c'est aussi son histoire: c'est, comme il l'a toujours fait, d'exister pour créer, construire, proposer, et agir, dans l'intérêt de nos compatriotes.

L'avenir du centre ce n'est pas de rejeter droite et gauche dos à dos, mais de créer les conditions de leur dialogue.

L'avenir du centre ce n'est pas de remplacer l'UMP ou le PS, mais d'empêcher l'appauvrissement de l'offre politique française dans un bipartisme stérile.

Cette ambition est portée par la motion d'Hervé MORIN, et c'est, dans la majorité présidentielle de Nicolas SARKOZY,  en centristes plus forts et plus unis, que demain nous changerons la démocratie de notre pays. 

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