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25/11/2011

Le centrisme c'est rassembler la droite et la gauche, pas les rejeter dos à dos.

rmc,grandes gueules,Comme souvent entre deux rendez-vous, j'écoutais dans la voiture les Grandes Gueules de RMC. Elles consacraient la première partie de leur émission à la candidature de François BAYROU.  Face aux propos tenus par Claire O'Petit au début de l'émission, que vous pouvez écouter en intégralité j'ai décidé de réagir.

Plus "bayrou-dolâtre" que véritablement dotée d'un "logiciel" centriste, Madame O'Petit a commencé  sa diatribe démagogique à l'encontre du Nouveau Centre, des députés... pour elle, sans doute, seule compte l'élection présidentielle; et la séparation des pouvoirs, n'est qu'un vain mot, un alibi "pour les politiciens professionnels".

Alors, vous l'entendrez, elle a eu du mal à supporter la contradiction, et, à la faveur d'un micro au volume plus élevé que le mien, m'a copieusement coupé la parole ou couvert de ses "non!" les vérités qu'elle ne voulait pas entendre.  C'est le jeu me direz-vous, et je l'accepte bien volontiers. Mais les propos qu'elle a tenu à l'encontre d'Hervé MORIN sont outranciers, et relèvent de l'insulte publique...

Vous le verrez, elle n'a pas de "logiciel centriste", mais n'est pas non plus "démocrate".

podcast


Alors revenons au débrief de cette émission:

La trahison de François Bayrou.

On ne peut pas proposer la fin de l'opposition "droite-gauche" sans proposer un nouveau système de choix démocratique aux français basé sur une nouvelle donne institutionnelle. A défaut, on en reviendrait au parti unique!

"L'extrême-centre, comme tous les extrêmes n'aspirent à gouverner que seuls... ce qui peut paraître logique pour le FN ou le NPA, l'est en tout cas beaucoup moins pour un parti qui prétend rassembler les français."

Quand François BAYROU et ses "fans" fustigent les "ralliements", que propose-t-il d'autre aux français dans le cas où il serait élu Président de la République? Comme souvent chez les autocrates, les alliances sont au gré des circonstances, des trahisons ou des ralliements courageux.

Tout ça sent la subjectivité exacerbée et c'est bien normal tant on peut se demander quel est le "logiciel politique" qui gouverne aujourd'hui François Bayrou. En trahissant, dans ses plus grandes lignes l'orientation du projet politique de 2007, il s'est privé de fond:

- Comment plaider pour la réforme des retraites quand on a voté contre?

- Comment défendre l'assouplissement du marché du travail, et l'amélioration de la compétitivité des entreprises françaises, quand on s'est opposé systématiquement à une majorité présidentielle qui s'est battu pour cela?

- Comment enfin, plaider pour un ré-équilibrage institutionnel de la France quand on a déjà laissé passer une occasion historique en 2007?

Tout cela n'est pas sérieux. En 2012, François BAYROU n'a plus que deux options, soit rester dans une posture ni droite ni gauche d'opposant systématique et de donneur de leçon anti-pédagogique; soit se renier et faire alliance avec la droite ou la gauche... et au passage quelques excuses par rapport à ceux qui l'ont soutenu jusqu'à son erreur de 2007 ne seront pas de trop!

 

rmc,grandes gueules,claire opetitLes insultes de Claire O'Petit à l'égard d'Hervé Morin:

Je ne sais pas qui est cette dame. Elle n'était en tout cas pas célèbre dans le staff de Bayrou en 2007. Ses jugements sur Hervé MORIN sont donc non seulement insultants et méprisants, mais en plus totalement infondés. Hervé MORIN, était à l'époque, président du groupe UDF à l'Assemblée Nationale et porte parole de BAYROU. Dire "qu'on l'utilisait pour ranger les tables et les sièges", est non seulement ridicule, mais en plus très méprisant envers les militants et les élus qui font cette tâche après les meetings... ah j'oubliais, les militants et les élus au Modem, ça fait longtemps qu'ils ont oublié ce que c'était.

"Bayrou n'est pas passé de ses 6% en 2002 à 18% en 2007 tout seul. Ce serait oublier, les 16% de l'UDF aux régionales et aux européennes en 2004."

Ensuite, dire que les 18% de Bayrou n'appartenait qu'à Bayrou est doublement faux... on ne m'a malheureusement pas laissé le temps de le dire vu que cette furie hurlait dans son micro pour m'empêcher de parler.

C'est faux d'abord parce que Bayrou n'est pas passé de ses 6% en 2002 à 18% en 2007 tout seul. Ce serait oublier, les 16% de l'UDF aux régionales et aux européennes en 2004. Mais ça Madame O'Petit a certainement préférer l'oublier pour ne pas ternir l'image de son idole.

C'est faux ensuite, parce que moins d'un mois après la présidentielle, le score du Modem, s'est effondré. Jusqu'aux 2% des dernières cantonales... le Modem, n'est pas un parti politique, c'est un club de supporter. Mais les vrais centristes ne sont pas les supporters d'un homme, ce sont les supporters des idées.

Nous l'avons bien compris, ce qui intéresse Madame OPetit, ce n'est pas autre chose que l'élection de François BAYROU à la présidence de la République... en somme remplacer un clan par un autre, mais surtout pas partager le pouvoir.

Elle l'a d'ailleurs dit elle même en guise de conclusion: "que François Bayrou soit élu pour éliminer tous ces partis qui nuisent à la République" (sic)... je vous l'avais bien dit: le Modem n'était pas centriste, il ne semble même plus démocrate.

 

L'apport du Nouveau Centre dans le paysage politique français:

Le groupe Nouveau Centre à l'Assemblée nationale est donc doublement légitime à incarner les 18% de français qui ont voté Bayrou, parce qu'ils sont l'héritage de l'UDF et de ses 16% de 2004, de 1988, etc... et surtout parce qu'ils ont porté le projet politique de 2007, autant que faire se peut, dans la majorité présidentielle actuelle. La règle d'or, le fédéralisme européen, la fin du bouclier fiscal, sont aujourd'hui des propos entendus dans la majorité présidentielle. Et ils n'ont pas été oubliés grâce à la petite voix des députés du Nouveau Centre à l'Assemblée nationale.

Evidemment que nos idées n'ont pas "prospéré", et c'est finalement logique, car nous ne sommes pas arrivés en tête de cette élection. Mais elles ont été défendues, portées à l'Assemblée et souvent, entendues.

"La règle d'or, le fédéralisme européen, la fin du bouclier fiscal, sont aujourd'hui des propos entendus dans la majorité présidentielle"

Pour le centre, l'enjeu est clair:

Soit nous décidons fermement de changer la donne institutionnelle française afin de sortir notre pays du bi-partisme ambiant qui prive de nombreux français de représentation politique et apauvrit le débat d'idées dans notre pays. Cela passera par des négociations ardues avec des forces politiques rassemblées, un peu à la manière de Montebourg lors des primaires. Ce que nous aurions du faire en 2007.

Soit nous faisons vivre en tant que libéraux et démocrates-chrétiens,  les valeurs de travail, de responsabilité individuelle et les valeurs familiales aux côtés des radicaux et de la droite humaniste. 

Le centre en France penche intrinsèquement à droite... et c'est d'autant plus logique que notre gauche est incapable de prendre le tournant de la social-démocratie ayant toujours refusé un véritable divorce idéologique avec la dialectique gauchiste.

Je crois dans cette perspective que le Nouveau Centre doit tout mettre en oeuvre pour continuer à faire vivre lors de la prochaine législature ce courant important de la vie politique française qu'est le centre. Et Hervé Morin est bien le mieux placé pour y parvenir. 

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