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11/10/2011

En France, la démocratie représentative existe... 3 jours tous les 5 ans!

montebourg,institutions,6ème république,démocratie,primairesLa percée d'Arnaud Montebourg a remis en lumière l'aspiration des français à une rénovation en profondeur de notre démocratie. On peut également noter, qu'après Bayrou en 2007, Montebourg est le deuxième candidat consécutif à enregistrer une forte progression en plaçant la thématique institutionnelle au coeur de son projet. Et pourtant, la classe politique, pour partie soucieuse de ses habitudes, pour une autre partie craignant de désintéresser l'électorat, refuse d'aborder de front une question pourtant majeure à l'action politique: celle de la "gouvernance".

Moralisation de la vie politique.

Chez les français, il est vrai, cette volonté de rénovation s'exprime en général de façon "populiste" par le rejet des élus, des élites, et le développement des idées de type "tous pourris". Leur traduction a minima dans la classe politique sont de l'ordre de l'interdiction du cumul des mandats, de la définition large des potentiels conflits d'intérêts, voire la diminution du montant des indemnités de mandats.

"Les français attendent surtout un message de vérité, et que la classe politique entende leurS réponseS à cette vérité."

Toutes ces propositions sont intéressantes et sans doute nécessaires à la moralisation de la vie politique, mais insuffisantes à mettre un terme au sentiment de défiance de nos concitoyens à l'égard de la démocratie "présidentielle" (par opposition à la démocratie parlementaire.)

Ce que les français attendent de leur démocratie n'est pas que l'ordre de l'exemplarité, ils attendent surtout un message de vérité, et que la classe politique entende leurS réponseS à cette vérité.

Or qu'a fait la Vème République, et plus précisément le scrutin majoritaire à 2 tours, de cette capacité de la classe politique à dire la vérité, et à écouter les français.

En réduisant les pouvoirs de l'opposition dans la gestion des affaires de la nation, elle l'a dé-responsabilisée et amenée prendre des postures d'opposition systématique, même sur les sujets les plus consensuels, comme la Taxe Carbone en 2009, ou plus récemment sur la "Règle d'Or". Cette attitude anti-pédagogique n'aide en rien les français à juger objectivement de la qualité des politiques publiques, mais les divise en deux camps irréconciliables qui s'accusent l'un l'autre des problèmes de la nation. Ce n'est pas l'attitude idéale pour affonter les défis économiques.

"A propos des négociations d'entre deux tours, Montebourg dit qu'il s'agit là de la 6ème République en actes... je dirais plutôt qu'il retrouve un peu l'esprit de la Vème République, de Chirac 74, de Barre 88." 

Le discours politique est donc soumis à la communication, à l'euphémisme, voire au mensonge d'un côté; à l'exagération, la dramatisation, la démagogie, et les promesses faciles de l'autre. Pas évident dans ce cadre là pour les français de se faire une idée des réalités économiques.

Or, non seulement la démocratie française n'assure pas une bonne information de ses concitoyens - elle n'est, me direz-vous, pas la seule - mais en plus, elle est incapable d'entendre réellement ce qu'ils ont à dire. 

Les derniers épisodes de négociations (ou pas) entre les deux tours des élections majoritaires nationales illustrent l'étroitesse de la marge de manoeuvre pour notre système politique pour agréger des résultats, nouer des alliances, négocier des plateformes de programme commun.

Ce mode de scrutin, où l'on élimine, plus qu'on ne choisit, régnant seul en France, prive régulièrement les électeurs du premier tour dont le candidat n'est pas qualifié au second tour de toute représentation.

Bayrou en 2007, n'a pas cherché à faire vivre les idées qu'il a défendues au premier tour... Montebourg, lui veut négocier, dans la transparence. Certains le lui reprochent, et trouvent qu'il en fait trop. Lui explique qu'il s'agit là de la 6ème République en actes... je dirais plutôt qu'il retrouve un peu l'esprit de la Vème République, de Chirac 74, de Barre 88.

La France reste cependant un des rares pays à avoir aussi peu de temps pour l'élaboration de ses consensus politiques, qui ne se font comme un conclave qu'au moment où il faut élire le pape ou le maire du palais.

Qui mettra un terme à cette monarchie élective? Apparemment pas Arnaud Montebourg en tout cas.

Dans le courrier, fort respectueux, dans sa démarche, de ses électeurs, qu'il a adressé aux deux "impétrants" Aubry et Hollande, la VIème république qui faisait jusqu'alors sa notoriété pèse bien peu face à ses exigences en matière de contrôle financier et de protectionnisme. Non seulement, elles n'a plus rien d'une sixième république, mais elle n'est plus qu'une énième révision constitutionnelle... unemplâtre moral sur la jambe de bois de la Vème.

"La nouvelle majeure 5ème" d'Arnaud Montebourg - proposées aux bridgeurs de mercredi :

... n'est pas une nouvelle république, car contrairement à son projet initial, il renonce à refonder les rapports entre exécutif et législatif. Il se contente de vouloir augmenter le pouvoir de contrôle du parlement sur les nominations de l'éxécutif. Une disposition déjà largement prise par Nicolas Sarkozy, à la demande des députés Nouveau Centre, dans la réforme constitutionnelle de 2008.

Pour le reste, en bon juriste, il en appelle au renforcement de la république des juges (Procureur Général indépendant... quelle légitimité?) et à des mesures populaires mais qui ne changeront rien à la république actuelle, comme le mandat parlementaire unique (qu'il ne s'applique d'ailleurs toujours pas à lui même).

Le plus frappant reste quand même qu'il semble, comme Bayrou en 2007, renoncer à remettre en cause le rôle du Président tout puissant qu'il voulait pourtant reléguer au rôle d'arbitre au dessus des partis dans un système parlementaire beaucoup plus classique. (voir ci dessous dans "la suite", le comparatif 6ème "Montebourg" vs 6ème du centre)

Son récent succès électoral l'aurait-il enivré de nouvelles perspectives de pouvoir personnel... comme le béarnais qui se rêvait Henri IV, le marquis rouge se mettrait-il à apprécier la monarchie?

 

Le comparatif 6ème "Montebourg" vs 6ème du centre


L'architecture des pouvoirs sous la 6ème république selon Montebourg:

 

La 6e République  est le préalable  du renouveau de la France. Celle-ci mettra fin à l’irresponsabilité et à l’omnipotence du Président de la République en lui redonnant un rôle d’arbitre et d’impulsion qu’il exercera éloigné des enjeux partisans. Le gouvernement y retrouvera ses prérogatives, exercées par le Premier ministre, responsable devant un Parlement réhabilité et doté de véritables pouvoirs de contrôle. En Europe, tous les régimes parlementaires confient au gouvernement les responsabilités et la tâche qui sont les siennes. Contrairement aux idées reçues, la 6e République n’est en rien le retour à la IV. Le scrutin uninominal majoritaire à deux tours garantit des majorités claires et stables. L’élection du Sénat à la proportionnelle de liste régionale permettrait un équilibre et plus de pluralisme dans notre démocratie.

 

Comparatif 6ème de gauche vs 6ème centriste:

 

Le projet Centriste pour sa part ne veut pas remettre en cause le pouvoir et la légitimité du Président de la République. Il restera élu  de la même façon qu'aujourd'hui, au suffrage universel direct par les français. Nous souhaitons cependant que ce régime présidentiel reconnaisse enfin sa véritable nature en confiant au Parlement un véritable pouvoir de contrôle sur les actes du Président, et une indépendance politique et juridique effective dans le cadre d'une séparation stricte des pouvoirs. C'est une différence majeure avec la 6ème de Montebourg.

 

La deuxième différence majeure, repose sur le système politique mis en jeu. Quand Montebourg propose de redonner aux législatives la place centrale du jeu politique actuellement occupée par la présidentielle, mais avec le même mode de scrutin majoritaire qui favorise le bipartisme, je propose de diversifier les modes d'expression démocratique de nos concitoyens.


Le scrutin uninominal majoritaire à deux tour pour la présidentielle et les sénatoriales. Le scrutin proportionnel intégral à circonscription nationale pour les législatives. Je précise que la stricte séparation des pouvoirs permet d'éviter tout risque d'instabilité gouvernementale... puisqu'il n'y aura plus de gouvernement mais un cabinet du président.


Dans la sixième république centriste, l'arbitre, c'est l'Assemblée nationale. A charge pour elle, dans la diversité de la représentation des français de trouver des solutions consensuelles en cas de désaccord entre le Président et le Sénat. 

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