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09/10/2011

Des primaires paradoxales

article_montage-parti-socialiste.jpgCette journée de dimanche vient d'abord couronner la communication du PS. Quel exploit de parvenir à faire croire aux médias, qu'une mobilisation de 2 millions de personne est un succès quand la précédente candidate du parti rassemblait 17 millions de voix lors de la dernière présidentielle.

S'il n'y a donc pas lieu de tirer des conclusions trop hâtives sur la capacité de mobilisation du parti socialiste, on ne peut cependant pas nier que ces premières "primaires ouvertes"sont aussi l'expression d'une réelle aspiration démocratique chez nos concitoyens: regroupant sous cette belle idée, ceux qui ont voté aujourd'hui, mais aussi, tous ceux qui auraient bien aimé pouvoir le faire, du côté de la majorité actuelle.

Ces primaires soulèvent en effet bien des paradoxes... ces primaires donnent plus de pouvoir à l'électeur, mais garantissent-elles pour autant la pluralité de notre vie politique? Favorisant l'expression des idées, ces primaires sont aussi et surtout une confrontation de personnalité?

Arnaud MONTEBOURG, arbitre malgré lui?

Arnaud Montebourg et Manuel Valls étaient les grandes révélations de cette campagne de premier tour. Dans des styles et des proportions différentes, ils ont crédibilisé et "relevé" le débat socialiste. Forcé "les candidats favoris des sondages" à des arbitrages et des postures lisses, quand Valls provoquait par son objectivité vis à vis de la droite et du centre, et quand Montebourg, par la cohérence de son projet "véritablement pensé"séduisait des électeurs aux idées pourtant souvent éloignées des siennes.

"Montebourg a rencontré le succès qu'il méritait en donnant de la "profondeur" au débat politique."

Son analyse de la situation est en phase avec celle d'une grande partie de nos concitoyens qui s'interrogent sur le monde de demain. Dédificit démocratique de nos institutions, crise énergétique et démondialisation, sont des questions majeures, mais qui restent malheureusement peu abordées par la classe politique. Si les réponses qu'il apporte à ses questions ne me correspondent pas globalement, Montebourg a rencontré le succès qu'il méritait en donnant de la "profondeur" au débat politique.

Il est ce soir, l'arbitre, un peu malgré lui de ce second tour. "Malgré lui" pour trois raisons principales:montebourg.jpg

- idéologiquement, il est éloigné de François Hollande qui s'est positionné au centre-droit quand Montebourg aime se poser en "marquis rouge".

- politiquement, il est en bisbille avec les synthèses politiciennes de Martine Aubry qui transige avec Navarro dans l'Hérault, et surtout Guérini dans les Bouches du Rhone.

- tactiquement, il pourrait être tenté d'adopter la posture de François Bayrou celle d'un ni-ni, pour se poster en recours dans l'opposition. J'y reviendrai plus loin sur le risque que peut faire courir la primaire dans l'optique d'une future majorité présidentielle. 

Comme le candidat centriste de 2007, il a, en tout cas, une chance historique de faire évoluer durablement notre démocratie en choisissant d'imposer au candidat socialiste une réforme institutionnelle majeure. Plusieurs indices me laissent penser qu'il fera, malheureusement, un autre choix.

Comme en 2007, le scrutin majoritaire à deux tours et sa phase de "négociation" de quelques heures, est bien mal placé pour permettre aux battus du premier tour de faire vivre les voix qu'ils ont recueilli à juste proportion.


Ségolène ROYAL, ou l'insoutenable légèreté de l'être.

Nul doute que les égos les plus passionnés d'eux mêmes auront remarqué la cruauté de la démocratie envers celles et ceux qui croient pouvoir contrôler leur DESTIN personnel et n'agir que pour lui, au détriment des idées.

 

"Les primaires démontrent à ces "people" la fragilité de "ce qu'ils incarnent". Ils devront donc être prêts comme aux Etats-Unis, à gagner ou s'éclipser."

Après Bayrou passé de 19% des voix à 3% en moins de trois ans, Ségolène ROYAL a pu comprendre combien l'image d'un individu est fragile face à la volatilité de l'opinion. De 17 millions de voix en 2007, à 140 000 en 2011. Le message de ces primaires, là encore est paradoxal.

Paradoxal, parce qu'il consacre la peopolisation de la vie politique, en multipliant les aventures "individuelles" et le rapport direct entre le candidat et le peuple. Mais aussi, parce qu'il démontre à ces "people", ainsi qu'à leurs fervents supporters, la fragilité de "ce qu'ils incarnent". Ils devront donc être prêts comme aux Etats-Unis, à gagner ou s'éclipser, et non plus à s'accrocher au système, comme s'ils attendaient leur tour.

 

Ces paradoxales primaires socialistes sont, à n'en pas douter, une étape dans la vie politique de notre pays... elles seront peut-être un tournant, peut-être un aboutissement.

Vitrine d'une offre politique diversifiée, elle consacre aussi le bipartisme à l'américaine, pourtant éloigné de la culture politique française. Est-ce vraiment là ce que souhaitent les français?

Sensée légitimer le candidat de l'opposition, elles pourraient aussi le contraindre à des alliances contre-nature, diviser les troupes, et aiguiser les intérêts et les calculs personnels. Comment associer dans un gouvernement devenu fantôche face au Président de la Répulique des personnalités ayant pris une telle ampleur? L'usure du pouvoir aidant, tous ces "candidats" en puissance ne seront-ils pas tentés de se désolidariser pour jouer leur carte personnelle... A l'UMP certains ont ces tentations, sans qu'ils aient pour autant rassembler des voix à une élection nationale sur leur nom... Le bûcher des vanités à de beaux jours devant lui... alors 2017, en cas de victoire socialiste, promet une belle foire d'empoigne.


 

Commentaires

D'autres remarques à faire concernant ce scrutin:

- Des institutions porteuses : Après Bayrou en 2007, Montebourg est le deuxième candidat d'affilée à progresser de plus de 10% pendant sa campagne en plaçant la question institutionnelle et la VIème république au coeur de son projet.

- Pas de fiefs : Il semblerait qu'on ne puisse pas noter de véritable spécificités géographiques. Ségolène battue largement dans les deux-sèvres en est l'illustration. C'est l'illustration d'une campagne avant tout médiatique, déterritorialisée et le vote d'électeurs consommateurs suivant des phénomènes de mode (ou des opportunités - conforter le candidat le mieux placé pour battre Sarko) et qui ne se réfèrent donc pas à des racines idéologiques.

- Hollande toujours le mieux placé: en vertu de cette règle, et si Aubry ne parvient pas à inverser la tendance, il y a fort à parier que bcp d'électeurs de Montebourg voteront surtout au second tour pour le candidat qui offrira le plus de chance de battre Sarko... ce sera sans doute le thème n°1 de cette campagne de second tour dès que Montebourg aura déclaré son (probable non-) choix.

Écrit par : Julien | 10/10/2011

mon cher julien,bonjour.JUJU JE VAIS ETRE REDUCTEUR COMME A MON HABITUDE.LES SOCIALISTES ONT FAIT CE QUE L'UMP AURAIT AIME FAIRE "DES PRIMAIRES A DROITE " avec comme arrière pensée que "SARKO"ne se represente pas d'ailleurs JUPPE , LES MEDIAS ET BIEN D'AUTRES ONT LAISSE QUELQUES INSINUATIONS SE REPENDRE ICI OU LA.Seulement voilà les SOCIALISTES ONT VU JUSTE ,ils ont confié les clès au peuple ,bien sur 2 MILLIONS DE VOTANTS CELA REPRESENTE PEUT MAIS IL FAUT SAVOIR QU'au 2 ème tour c'est une veritable vague de votant que l'on va retrouver aux urnes.SARKO SE SENTANT MALGRE TOUT MENACE S 'EST QUELQUE PEUT FACHE SUR LES PRIMAIRES DONT LE PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE LUI A RETORQUE QU'IL ETAIT FAVORABLE AUX PRIMAIRES .QUANT A MONTEBOURG ET VALLS ILS ONT A TOUS LES DEUX, REVOLUTIONNE LE PAYS EN METTANT LES DEUX ELEPHANTS DU PS DEVANT LEUR RESPONSABILTE ET EN EMANCIPANT LE FRANCAIS ET PAR LA MEME EN FAISANT UN CLIN D'OEIL A MARINE LEPEN QUI D'AILLEURS EN PASSANT SE REJOUIS DE CERTAINS COMMUNIQUES DE MONTEBOURG.HOLLANDE QUANT A LUI EST FORT CAPABLE DE RASSEMBLER SUR SA CANDIDATURE UNE GRANDE PARTIE DE L'ELECTORAT CENTRISTE ET RADICALE PAR LE FAITE QUE LES FRANCAIS MOYENS SONT POUR CERTAIN DANS LE DESARROIS LE PLUS TOTAL.

Écrit par : CEZ Fabrice | 11/10/2011

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