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16/04/2011

Quelle démocratie pour demain? - Intervention à La Ciotat pour la convention du Nouveau Centre 13

Conférence « Quelle démocratie pour demain ? »

Convention départementale des Bouches du Rhône sur les institutions

 La Ciotat – Vendredi 15 avril 2011

 "Je voudrais d'abord remercier Bruno GENZANA, Mireille BENEDETTI, Jean-François RUEDA, et Thomas ELEXHAUSER pour leur invitation. C'est toujours un plaisir de se rendre dans leur région, et de retrouver votre accueil chaleureux et sympathique. Merci donc à la première fédération de France d'avoir voulu se saisir de ce thème essentiel pour nous centristes, qu'est celui de la démocratie.

Heureux de retrouver tant de personnes dans une conférence sur le thème des institutions et de la démocratie.

C’est une fois de plus la preuve que contrairement à ce que l’on entend souvent, cela intéresse les gens. Car nous savons bien, nous français, à l’histoire institutionnelle tumultueuse, que la façon dont la démocratie fonctionne, ses mécanismes, ne sont pas qu’une question de cuisine électorale. Tout cela influe aussi sur la société tout entière qui se reflète dans ses institutions.

Voltaire « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dîtes, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire »

Et comme la société va mal, forcément, les élus vont mal eux aussi…l’antiparlementarisme se développe tout comme les réactions épidermiques contre les représentants du peuple. Ainsi les affaires obstruent le débat politique, le cumul des mandats, et les conflits d’intérêts illustrent l’appétence des élus pour l’accumulation du pouvoir.

Mais, face à cela, on a l’impression que parfois, la classe politique est un peu tétanisée par ces questions.

Il y a, comme toujours, ceux qui sont exclus du jeu. Le FN, l’extrême gauche, qui ont beau jeu de dénoncer, comme c’est de tradition, les dérives de la République.

Mais il y a à présent aussi, et c’est nouveau, des hommes et des femmes qui trouvent avantage, à cette rengaine anti-parlementaire et tâchent, à bon compte, d’en tirer parti : ce sont les candidats putatifs à la présidentielle, ceux qui rient de se trouver si beaux dans ce miroir aux alouettes qu’est devenue la présidentialisation-pipolisation de la vie politique française. A ce titre, l’exemple de Martine AUBRY a particulièrement mis l’accent sur le cumul des mandats, et tenté de se détacher d’une image de cumularde, en portant la proposition socialiste d’interdiction du cumul des mandats, pour s’attirer les faveurs des militants socialistes sur le dos de leurs députés qui ne l’ont certes pas vu d’un bon œil, mais étaient bien contraints de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

Car face à ce nouvel anti-parlementarisme, vous avez quand même ce qui représente quand même la majeure partie de la classe politique qui semble craindre d’interroger la statue du commandeur que sont devenues les institutions de la Vème République… car c’est l’ombre de Charles De Gaulle qui en émane.

Encore qu’on est en droit de leur demander si, selon eux, le grand Charles reconnaîtrait encore sa Vème République. Il la voulait certes plébiscitaire et forte, mais certainement pas monarchie élective comme elle l’est devenue aujourd’hui pour un certain nombre de raisons que nous verrons tout à l’heure.

Si on peut le comprendre de la part des ex-élus RPR, ceux qu’on appelaient les godillots, de tradition gaulliste, bonapartiste, et jacobine qui apprécient le principe du rapport direct entre l’homme et le peuple, et se méfient des corps intermédiaires…

C’est plus étonnant de la part du centre, européen, démocrate-chrétien, libéral, décentralisateur, disons pour résumer et selon la distinction opérée par René Rémond dans son ouvrage de référence « Les droites en France » : orléaniste. C’est plus étonnant car cette frange modérée est particulièrement victime de la bi-polarisation voire du bi-partisme imposé par le mode de scrutin majoritaire. Un mode de scrutin qui impose des limites telles à l’expression politique française que les démocrates que nous sommes ne devraient ou n’auraient jamais du cesser de combattre. Ce d’autant plus qu’aujourd’hui,  le déficit de représentativité de nos institutions est devenu tellement insupportable pour de nombreux français qu’ils se réfugient du même coup dans l’abstention ou le vote extrême.

En 2006, les parlementaires de l’UDF d’alors avaient signé un appel à la VIème République que François BAYROU a feint de porter véritablement pendant sa campagne. S’il en a puisé l’essence, le dépassement des clivages droite-gauche, la volonté de rassemblement des français autour de politiques réformatrices consensuelles, thèmes qui lui ont incontestablement permis de recueillir ces 7 millions de voix qu’il a réussi à volatiliser ; s’il en a puisé l’essence donc, il en a plus que trahi ce qui donnait corps à cet esprit, la construction institutionnelle. Et cela lui a coûté fort cher en terme de crédibilité pour son projet. Pour avoir assisté personnellement à cette véritable trahison, au mois de mars 2007 à Perpignan, je peux vous dire que nous avons manqué là une véritable opportunité de faire avancer notre démocratie.

Nous devons, aujourd’hui, reprendre ce qui fait partie de notre essence centriste… le combat pour une république plus démocratique. D’abord au nom de nos principes, et de notre conviction, mais également, parce que c’est, nous le verrons, un gage d’efficacité pour la politique gouvernementale.

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07/04/2011

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