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23/03/2010

Le message des français aux élections régionales : nous n'avons plus confiance en l'avenir...

En revenant sur cette élection régionale, un premier constat s'impose: notre démocratie va mal. On pourra analyser sous de multiples angles les raisons de l'abstention massive qui a marqué le dernier scrutin...

Les français cherchent un nouveau souffle à leur démocratie. A chaque élection, quel que soit l'enjeu, local ou régional, ils veulent envoyer un message à caractère national. Et celui-ci devient, au fil de l'accroissement de l'emprise présidentielle sur la scène politique, de moins en moins nuancé.

Un régime présidentiel exacerbé où le poids des réformes, souvent difficiles à mettre en oeuvre, pèse exclusivement sur la légitimité, sur les épaules, d'un seul homme, élu, une fois tous les cinq ans.

"Il est urgent de responsabiliser l'opposition, et d'associer toutes les sensibilités politiques françaises à la logique des réformes de bon sens, nécessaires à notre pays."

Il est aujourd'hui nécessaire de réfléchir à la façon de responsabiliser l'opposition. Lui permettre de faire oeuvre de co-production législative, au titre des français qu'elle se doit de représenter. Cela demande, de la part de l'exécutif, de l'écoute, et une volonté d'aboutir à des solutions consensuelles mais courageuses sur l'essentiel. Pour l'opposition, un sens certain de l'intérêt général et de responsabilité collective. Cela ne manquera pas de trancher singulièrement avec la course des personnalités à l'élection présidentielle, une course d'image, plutôt que d'idées et de projets.

Alors, allons nous devoir encore assister pendant deux ans à ce gigantesque radio-crochet? Dès 2006, les parlementaires centristes ont pu constater que la France n'avait pas les moyens de n'être gouvernée que trois années sur cinq, au détour d'une campagne présidentielle.

Réformer notre pays est urgent, et même si beaucoup de choses ont été entreprises, il est nécessaire de les approfondir.

Je m'inquiète en particulier sur l'avenir de la Taxe Carbone, qui est remise aux aléas de la politique européenne, alors qu'elle aurait pu être non seulement un exemple aux yeux du monde, mais aussi et surtout le levier d'une modification de notre fiscalité qui pèse aujourd'hui sur le travail (que nous avons à revendre) vers la consommation d'énergie fossile (que nous aurons de moins en moins).

"Je m'inquiète sur l'avenir de la Taxe Carbone, et de la réforme de notre fiscalité qu'elle induit..."

On me répond souvent - "cette taxe est impopulaire" - mais nous aurons quoi qu'il en soit à la payer, par l'augmentation naturelle du prix du pétrole. Simplement au lieu de se donner le temps de se préparer à cette augmentation, d'en tirer bénéfice pour nos finances publiques, nous serons pris de cours, et continuerons d'engraisser les caisses des pays exportateurs de gaz et de pétrole.

Si une leçon doit être tirée de ces élections régionales, c'est bien que les français n'ont plus confiance en leur système politique, qu'ils n'ont plus confiance en l'avenir. La réponse que nous devons apporter, n'est pas celle de l'immobilisme et de la fuite en avant, plus confortable à courts termes. Nous devons au contraire, et plus que jamais apporter des solutions concrètes à notre angoisse. Elles demandent du courage politique, à nous de l'avoir pour prendre à bras le corps les problèmes d'aujourd'hui (sécurité et autorité de l'Etat) et de demain (évolution de notre économie face à la crise énergétique).

Pour ma part, je continuerai à suivre la voie de la vérité que l'on doit à nos concitoyens, quel qu'en soit le prix.

A très vite.

Commentaires

Bonjour,
Je voudrais vous faire part de mes impressions personnelles au lendemain de ce scrutin Régional.

C’est une gifle monumentale que vient de recevoir l’UMP et donc notre mouvement puisque celui-ci s’était totalement rallié à lui.
C’était inévitable et il fallait être aveugle ou stupide pour penser qu’il pouvait en être autrement.

Une grande majorité de français, y compris de droite ou du centre droit, en a ras le bol de Sarkozy. L’individu ne passe plus, sa politique (de gauche) et ses petites combines (dont l’affaire de son fils dans les Hauts de Seine) exaspèrent la plupart de nos compatriotes.

J’ avais fait part, pendant la campagne, à mes camarades de la section d’ Aigues-Mortes de mon désaccord sur la décision d'alliance systématique avec l'UMP et sur mon refus à être le larbin de ce parti.
En regard des résultats de ces élections, je crois que nous avons été nombreux à penser la même chose et à refuser de suivre les consignes du mouvement en ne votant pas pour les listes UMP (ce qui est regrettable pour nos propres candidats) .
Combien d’électeurs auraient voté pour nous si nous avions eu la présence d’esprit et le courage de monter nos propres listes et de proposer un programme spécifique et ambitieux ? Nous ne le saurons jamais, mais je crois que nous aurions eu, partout en France, beaucoup plus d’élus que nous en aurons dans la situation actuelle.

Les dirigeants du Nouveau Centre, plutôt que se démarquer, ont préféré se ranger derrière l’ UMP. Certainement craignaient ils pour leurs postes de ministres, secrétaires d’ État et tous les privilèges qui y sont attachés.
Ils sauveront leurs postes, mais au détriment de l’image du mouvement qu’ils ont plongé dans le même gouffre que celui dans lequel se trouve désormais l’UMP.

Il reste à en tirer les leçons, tant sur le plan national que local.

A Aigues Mortes la droite réunie totalise à peine 27,50 % des voix,
Au Grau du Roi, fief de l’ UMP et alors que Mourrut présentait sa belle-fille, elle fait tout juste 36,14 %,
Sur notre département 26,57 % soit à peine 3 % de mieux que le FN, et guère mieux sur l’ensemble de la région.

Et tout cela avec 50 % d’électeurs qui n’ont pas jugé utile de se déplacer !!! Si nous avions été présents de manière indépendante, je suis convaincu que nous en aurions rallié un certain nombre derrière nos listes.

Donc si nous voulons avoir une chance d’exister dans le paysage politique, je pense qu’il est impératif que nous assumions nos responsabilités, que nous revendiquions notre indépendance et que nous arrêtions de nous cacher derrière l’UMP en espérant récolter quelques miettes.

J’ose espérer que nous aurons le courage et la volonté de le faire et que nous saurons préparer les prochaines échéances électorales pour que le Nouveau Centre y soit présent en tant que parti indépendant et puisse proposer une alternative à cette UMP désavouée et moribonde.

J’espère que cet avis sera partagé par bon nombre d’entre vous et si c’est le cas que nos responsables locaux feront remonter aux instances dirigeantes ce besoin d’émancipation.

En ce qui me concerne, ce ne sera qu’avec cette volonté d’émancipation que j’envisagerai de poursuivre mon engagement au sein du Nouveau Centre.
Très Cordialement.

Bernard LUCIANI

Écrit par : Bernard LUCIANI | 24/03/2010

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