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19/11/2009

L'identité nationale peut nous aider à répondre collectivement aux défis de l'avenir

A l'heure où le gouvernement a décidé de lancer une grande consultation sur l'identité nationale, pour permettre d'arriver à définir les valeurs, ou les caractéristiques, qui fondent le fait d'être français, la « qualification sans gloire » de l'équipe de France éclaire dans un jeu d'ombre clair obscur le problème qui se pose aux français quand on leur demande ce que cela représente pour eux.

 Si la question est ainsi posée, c'est qu'à l'heure de la mondialisation, de l'émergence d'une certaine forme de communautarisme, la réponse est loin d'être évidente, tant il semble difficile de se « sentir français » au quotidien.

Dans ce contexte, les conceptions « subjectives » (le vouloir-vivre ensemble d'Ernest Renan) et « objectives » (les déterminants linguistiques, et physiques de la conception allemande) de la nation semblent hors d'âge. La première, car elle ne répond plus aux questions posées par les communautés ; la deuxième, car elle ne répond pas aux questions des sociétés multiculturelles dans lesquelles nous vivons !

 Nos sociétés ont de plus en plus tendance à se comporter comme une collection d'individus, qui ont une approche souvent utilitariste du groupe dans lequel ils évoluent. Il importe donc de repenser l'identité nationale dans ce qu'elle peut constituer pour le français du XXIème siècle.

 « L'individu se construit en permanence dans une confrontation entre la volonté de s'intégrer au groupe, et la volonté de s'en distinguer... »

 Or, l'individu se construit en permanence dans une confrontation entre la volonté de s'intégrer au groupe, et la volonté de s'en distinguer... comme une tension innée entre le désir de sécurité et celui de liberté. Et dans nos sociétés pacifiées et régulées, l'instinct de survie n'est pas celui qui s'exprime avec le plus d'évidence...

 Par nature, l'identité, c'est la conjugaison d'un certain nombre d'éléments de reconnaissance d'un individu ou d'un groupe. Ces éléments sont ceux qui distinguent de l'autre, ce sont des éléments discriminants.

 Il ne sera, en conséquence, pas difficile à un français de se sentir comme tel à l'étranger. Il pourra constater immédiatement ce qui le différencie de son environnement, et le fera d'ailleurs bien plus naturellement que de constater ce qui le rapproche de ceux qui l'entourent.

 Mais dès lors, comment se sentir français en France ?

 Si le principe de subsidiarité se déclinera facilement selon cette logique (je me sens européen dans le monde ; français en Europe, Languedocien en France, Gardois en Languedoc et Nîmois dans le Gard... certains iront même jusqu'à évoquer leur quartier à Nîmes...) on pourrait en penser que la notion d'identité serait finalement réservée aux minorités.

 Des minorités qui, en France, créent des identités nationales de substitution, en fonction de leur origine. Dans les rencontres sportives, c'est très clair, d'aucuns hésitent entre leur équipe nationale, et l'équipe du pays d'origine de leurs parents, dont ils peuvent revendiquer l'appartenance et se distinguer de la majorité, sans pour autant s'isoler.

Cela peut prendre des formes extrêmes comme pour le match France-Algérie au cours duquel la Marseillaise a été sifflée.

Au-delà, du simple principe de différenciation, c'est à travers ce genre d'exemple que l'on voit bien que l'image de la France elle-même ne fait plus l'unanimité au sein de son peuple.

« Dans un pays à forte tradition centralisée,[...] la confrontation des idées se cristallise autour du pouvoir national, [...]et les éléments d'identité se noient sous les particularismes communautaires, politiques, ou catégoriels. »

 Car, de la myriade d'identités, par lesquelles se construit l'individu (on parle de « tribu », ces groupes qui figent une identité autour d'une mode culturelle où d'un art de vivre), la nation est sans doute en France, celle qui a le plus de mal à porter, aujourd'hui des valeurs rassembleuses.

 La faculté française à se morceler plutôt qu'à se rassembler, sa culture latine de la confrontation plutôt que celle, anglo-saxonne, de la négociation (cf Pierre BIRNBAUM «  Sur l'Individualisme ») a fait de la riche Histoire des idées en France un puzzle où chaque courant vient y trouver ses références, comme ses motifs d'indignation.

 Notre esprit critique obscurcit bien souvent les faces lumineuses de ceux qui auraient pu être nos héros nationaux. Et pour ceux qui restent, la récupération politique achève de priver notre histoire d'une cohérence globale. Entre repentance, et constat d'échec, les français semblent hésiter à être fiers de leur pays... sans patriotisme outrancier, nos motifs de fierté dans l'histoire et notre modèle social actuel, sont pourtant au moins aussi nombreux que nos pages sombres et les failles de nos systèmes.

 Comme l'avait prédit Tocqueville, c'est en fait logique, dans un pays à forte tradition centralisée, comme l'est la France, au sein duquel la démocratie, c'est-à-dire la confrontation des idées, se cristallise autour du pouvoir central, et que finalement, les éléments d'identité se noient sous les particularismes communautaires, politiques ou catégoriels.

 « L'Etat, au centre du débat, est devenu un arbitre des revendications de groupe. Mais qui se passionne pour l'arbitre ? »

 Impartial comme il prétend l'être, l'Etat n'a plus de projet, et la nation qu'il dirige en cherche en se divisant. Elle se prend au piège du jeu démocratique : la France semble coupée, a minima,  en deux (droite et gauche), et irréconciliable. Nous sommes là au cœur des dérives démocratiques pressenties par Tocqueville : un Etat sur-protecteur face à des individus isolés, qui finalement arrivent au délitement du lien social par le jeu du chacun pour soi et l'Etat pour tous.

 Finalement, cet Etat-Nation, impartial et rassembleur au plus petit dénominateur commun, doit-il encore se prévaloir d'une identité ?

 Indubitablement oui, car de l'identité à un projet commun, découle la citoyenneté. Indubitablement oui, car, pour sortir l'individu de son isolement nous devons lui permettre de s'intéresser à nouveau au destin partagé.

Indubitablement oui, car c'est de l'adhésion à une identité commune que la solidarité des individus entre eux dépend.

 La notion d'identité européenne peut nous aider dans ce cheminement. Car, nombreux sont ceux qui préfèreront parler d'identité européenne à l'identité nationale française. A ce constat plusieurs raisons : L'Europe, est en soi, un projet politique, qui, parce qu'elle ne fait justement pas l'unanimité, suscite une adhésion identitaire de nombreux citoyens. Nous sommes là dans la logique de distinction des groupes. Mais au-delà de cela, elle offre à la question de l'identité française une problématique culturelle, plus qu'historique que nous ne développons pas assez. Braudel disait que l'Europe c'était la conjugaison des influences grecques, romaines et chrétiennes ; celle qui avait produit un modèle de questionnement source de la culture la plus brillante et la plus variée qui soit : des philosophes grecs aux écrivains russes en passant par le rationalisme des Lumières et le Romantisme, ce patrimoine culturel a façonné l'histoire du monde et sa propre relativité.

 La culture française y a toute sa place et nous pouvons en être fiers.  L'identité française est une part de l'identité européenne, mais cette dernière nous rappelle qu'il faut un projet pour la porter.

 « La notion d'identité européenne peut nous aider à répondre à la question de l'identité française car elle a su faire de son Histoire un projet »

 Une démocratie de projet, responsable et non catégorielle, basée sur des valeurs plus que sur des intérêts particulier, voilà ce que notre pays doit re-construire aujourd'hui.

 Il importe, à l'heure de la réforme des collectivités territoriales d'insuffler un nouvel élan démocratique dans les principes de la décentralisation. Ne pas laisser le monopole du jeu politique à l'Etat fédéral, est la condition que Tocqueville décrivait pour permettre aux citoyens des Etats-Unis de continuer à croire à leur projet commun. Le projet français reprendra corps quand les citoyens auront pu se tourner vers leurs affaires locales comme ils le font pour leurs affaires nationales.

 Ces affaires nationales qui devront également sortir du tandem infernal produit par nos institutions entre, d'un côté, des confrontations fortes sur la forme, qui débouchent, d'un autre côté, sur un consensus mou sur le fond. Nous avons à présent besoin du contraire : des débats sereins et constructifs pour aboutir à des projets communs forts et qui rassembleront les français en dehors de leurs intérêts catégoriels. Sans doute les contraintes énergétiques qui pèseront sur notre économie et notre mode de vie pourront constituer le défi nécessaire à l'établissement d'un projet commun responsable. C'est en tout cas une nécessité pour le relever.

 Si nous parvenons à cela, peut-être, pourrons nous vivre dans une société où les individus seront un peu plus tournés les uns vers les autres que vers eux-mêmes. La tâche éducative essentielle dans la construction d'une identité commune qui permettrait de reconstituer du lien social entre français n'en serait que plus facile.

 Cette tâche éducative qui verra l'Histoire de notre pays enseignée sous un œil critique certes, mais pas accusateur.

Cette tâche éducative qui permettra aux individus d'être fiers de Descartes comme de Tristan Tzara, de Jeanne d'Arc comme de Guy Moquet, et de Jean Monnet comme de De Gaulle. C'est la culture des individus qui les sortira d'une fierté identitaire étroite pour leur permettre de s'ouvrir à ce qui fait l'originalité de notre modèle de questionnement, qui s'étend de Socrate à Dostoievski en passant par Goethe.

 A l'heure où les défis sont de l'ordre planétaire, si nous parvenons à « positiver » l'énergie des identités nationales au lieu d'en faire des éléments d'opposition entre les peuples, elles  pourront constituer un des moteurs de la mobilisation des peuples pour assurer leur avenir commun.

16/11/2009

Calendrier des prochaines réunions "So Future"

Voici donc la deuxième et dernière partie de notre agenda pour la préparation du projet Nouveau Centre aux prochaines élections régionales.
 
Mercredi 18 novembre à 18h, réunion sur l'agriculture.
 
Mardi 24 novembre, à 18h, réunion sur le thème du tourisme.
 
Mercredi 2 décembre, à 18h, réunion sur le thème de la culture.
 
Mercredi 9 décembre, à 19h, réunion de synthèse du projet avec apéritif à son terme.
 
N'oubliez pas, enfin, le Conseil National du Nouveau Centre à Paris (Théâtre du Gymnase) qui aura lieu le samedi 12 décembre de 9h à 14h et au cours duquel nous examinerons notre projet au niveau national.
 
A très bientôt, et encore merci pour votre participation nombreuse et enrichissante!
 

11/11/2009

Mieux vivre en Languedoc-Roussillon: aménager notre territoire

Mener une politique à deux vitesses entre les territoires du Languedoc-Roussillon ne peut mener qu’à l’échec. La solidarité territoriale dans une région comme la nôtre n’est pas un vain mot, car de la Camargue, à la Catalogne, c’est un espace de vie presque continu, qu’il faut aménager et valoriser, plus que telle ou telle « tête d’affiche territoriale » autour de laquelle on satelliserait les autres bassins de vie.

 

Profitons de cet espace commun, pour conserver la qualité de vie de notre région, et notre taille humaine. Il y a un modèle différent à faire émerger dans le développement urbain du XXIème siècle, et c’est cela que notre projet entend promouvoir.

 

UN MODE DE VIE RENOUVELE DANS UN HABITAT SUR

 

Premier impact de la crise de ressources sur nos habitudes, l’augmentation du prix du carburant doit nous amener à des solutions de déplacement moins coûteuses pour chacun d’entre nous.

 

De nombreuses villes programment et développent un réseau de transports en commun performant. Mais c’est aujourd’hui un véritable « METRO REGIONAL » qu’il faut mettre en place.

 

L’effort financier régional doit être, dans ce domaine, à la mesure de l’enjeu. Augmenter la fréquence et l’amplitude horaire des TER, le nombre de lignes, leur ponctualité, et leur sécurité est une priorité !

 

Il faut rendre leur utilisation aussi facile qu’en région parisienne. En faire un véritable réflexe. La sécurisation des personnes sur ce réseau est une nécessité absolue, et au-delà du développement de la police du rail gérée par l’Etat, équiper toutes les rames de la vidéo-surveillance.

 

A l’heure où la Ligne Grande Vitesse permettra, en cinq heures, de relier Paris à Barcelone, les sillons ainsi libérés devront permettre le développement du fret et du ferroutage pour en faire une véritable alternative aux autoroutes saturées de poids lourds.

 

Le rail est plus qu’un pari d’avenir, c’est la condition du maintien de notre capacité à nous déplacer demain. Il est LE transport qu’une collectivité comme la région doit soutenir.

 

En matière de logement, qui est un problème crucial en Languedoc-Roussillon au regard de la pression démographique, la région doit jouer un rôle de facilitateur. Au-delà de l’engagement financier, qui malgré les effets d’annonce de l’actuelle majorité, est aujourd’hui bien faible dans le secteur du logement social, c’est toute une politique de valorisation de l’habitat qu’il faut mener.

 

Cela commence par une gestion locative optimisée du parc immobilier littoral, souvent vide l’hiver, afin de permettre aux étudiants dont c’est la principale préoccupation de se loger plus facilement. Dans cette même problématique, il est indispensable de maintenir l’offre d’enseignement supérieur général (droit, sciences sociales, sciences, etc…) dans toutes les facultés composant le Pôle Régional d’Enseignement Supérieur (PRES) jusqu’à la licence. Des structures à taille humaine, permettant à un grand nombre d’étudiants de continuer à être hébergés dans le domicile familial. Mieux vaut déplacer un professeur que des centaines d’étudiants. L’apport des technologies de communication doit également être pris en compte.

Il y a, enfin, des mécanismes à huiler (notamment à propos des garanties), dans le système des collocations qui sont de l’avis de nombreuses personnes à l’avoir expérimenté, source de socialisation et de moments partagés autant que d’économies financières.

 

Le logement doit également répondre à la problématique de la sécurité des personnes et des biens. Il faut l’envisager en fonction des évolutions climatiques, qui selon de nombreux experts pourrait durement toucher notre littoral. L’aménagement des berges du Rhône, les divers plans de protection contre les inondations doivent être soutenus pour préserver notre habitat des risques écologiques et climatiques.

 

La région doit également peser de tout son poids pour un accès harmonisé à la santé sur l’ensemble du territoire. Elle peut être un atout considérable dans le maintien de la démographie médicale en milieu rural et jouer un rôle majeur dans l’établissement du schéma régional d’offre sanitaire avec la création des Agences Régionales de Santé.

 

Interlocuteur privilégié de l’Etat, partenaire de ce dernier, et non plus concurrent, la Région sera demain un rouage essentiel de l’élaboration d’un pacte languedocien du « mieux-vivre ensemble ». Avec les Conseils Généraux, la région pourra développer les grands axes d’une politique d’autonomie et de socialisation pour les personnes fragilisées ou dépendantes.