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06/10/2009

La cupidité des uns "A" fait le "petit" progrès des autres

Ce soir, j’ai vu un beau film. « There will be blood », adaptation ciné du livre “Pétrole” d’Upton Sinclair. L’histoire d’un pionnier du pétrole dont l’humanité sera brisée par sa cupidité. Tel un « Gollum » du « Seigneur des Anneaux », rongé par l’admiration de son « précieux », tel un « Raphaël de Valentin » victime de sa « Peau de Chagrin », Daniel Plainview, tycoon pétrolier forgé à la sueur de son front, matérialiste échevelé, est de ceux qui ont fondé notre économie, mais aussi notre hyper-individualisme.

 

Bien qu’outrancier, il distribue au bon peuple dont il soumet les terres à ses derricks quelques subsides de ses revenus pétroliers mirobolants. En cela, il contribue à ce que l’on a appelé « le progrès ».

 

Mais dans le même temps, l’obsession qu’il nourrit pour sa propre réussite, l’écarte des autres hommes, et même de son fils, à qui il démontre qu’il lui préfère le pétrole. Toute sa vie.

 

Combien d’hommes lui ont succédé ? Ne sommes nous pas tous un peu ses enfants ? Obsédés par notre propre réussite. Par notre volonté d’avoir, plus que d’être. Par notre envie de posséder, plus que de celle d’échanger.

 

« There will be blood » est l’illustration des pères cachés de la nation américaine, des créateurs honteux de notre civilisation mondialisée productiviste. Les américains y préfèrent leurs grands constitutionnalistes, les européens, les grands esprits des Lumières… mais leurs doubles sont réfugiés dans leur ombre. Ils se nomment Daniel Plainview.

 

Admirable pour sa volonté et sa réussite personnelle, il est haïssable par sa misanthropie.

 

A l’heure, où nous réalisons que les ressources de notre planète ne sont pas inépuisables ; que le pétrole est une « peau de chagrin » qui exauce nos désirs mais rétrécit nos vies ; que le profit de quelques uns ne fait plus le progrès du plus grand nombre, il est plus que jamais indispensable de repenser notre système économique.

 

L’heure d’arrêter de pêcher des langoustes en mer du Nord, de les congeler, de les faire décortiquer en Thaïlande, pour les consommer sous emballage en France.

 

L’heure de prendre un nouveau départ, en oubliant surtout pas que si l’initiative individuelle est le meilleur moteur de l’humanité, elle ne doit plus jamais être corrompue par le mépris de la collectivité.

 

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